Arnaque par e-mail : la Brigade des mineurs assaillie par des internautes inquiets

Arnaque par e-mail : la Brigade des mineurs assaillie par des internautes inquiets©Panoramic - image d'illustration

, publié le vendredi 26 février 2021 à 12h46

Des escrocs se font passer pour la Brigade de protection des mineurs (BPM) en annonçant à des internautes qu'ils font l'objet de poursuites judiciaires pour pédopornographie.

Depuis plusieurs mois, la Brigade de protection des mineurs (BPM) reçoit des appels de nombreux internautes inquiets. La cause de ces coups de téléphone, dont France Inter se fait l'écho ce vendredi 26 février : un mail envoyé par des escrocs qui se font passer pour la BPM, où le destinataire est informé qu'il est visé par des poursuites judiciaires pour pédopornographie.



"Je suis chef de la brigade de protection des mineurs (BPM), je vous contacte peu après une saisie informatique de la Cyber-infiltration pour vous informer que vous faites l'objet de plusieurs poursuites judiciaires", détaille une soi-disant commissaire divisionnaire dans ce mail frappé du logo de la Police judiciaire.

Les causes de ces poursuites sont ensuite énumérées : "Pédopornographie, pédophilie, exhibitionniste (sic), cyberpornographie, trafic sexuelle."

De 750 à 18 000 euros "d'amende" à régler par coupon PCS ou par virement

Plusieurs indices permettent de se rendre compte de la supercherie. Tout d'abord, le mail comprend de nombreuses fautes. Ensuite, l'adresse mail de contact ne correspond en aucun cas à celles utilisées par les services de l'Etat. "Si le message n'a pas été envoyé par une adresse se terminant par @interieur.gouv.fr, c'est qu'il s'agit d'un message frauduleux", rappelle le site cybermalveillance.gouv.fr, qui alerte sur cette escroquerie depuis le mois de décembre.

Si les internautes avertis se sont sans doute rapidement rendus compte qu'il s'agissait d'une tentative d'escroquerie, d'autres sont tombés dans le piège. La BPM (la vraie) doit faire face à l'inquiétude de nombreuses personnes, notamment paniquées par les sommes exigées dans le mail - de 750 à 18 000 euros "d'amende" à régler par coupon PCS ou par virement.

"Nous avons, au secrétariat ou à l'État-Major des centaines, des milliers d'appels sur l'année, de gens qui réussissent à avoir le numéro et qui téléphonent pour demander ce qu'il en est. Cela ne prend que quelques secondes, quelques minutes [de leur répondre], mais c'est du temps perdu", assure à France Inter Christophe Molmy, arrivé en janvier à la tête de la BPM". "Par nature, si les gens téléphonent, c'est qu'ils ont une forme d'inquiétude. Je ne dis pas qu'ils ont consulté des sites pédopornographiques, mais ils sont inquiets. Nous leur expliquons rapidement que tout ceci n'est pas sérieux." Afin de faire toute la lumière sur cette sombre affaire, une enquête préliminaire a été ouverte en septembre.

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