Après un refus de l'Elysée, Alain Cocq va se laisser mourir

Après un refus de l'Elysée, Alain Cocq va se laisser mourir
Alain Cocq à son domicile de Dijon le 12 août 2020

, publié le vendredi 04 septembre 2020 à 09h07

Alain Cocq, grièvement atteint d'une maladie orpheline incurable, a annoncé vendredi qu'il avait essuyé un refus de l'Élysée dans sa demande à l'aider à mourir et qu'il mettait donc en oeuvre sa décision de cesser tout traitement dès ce vendredi soir.

"Parce que je ne me situe pas au-dessus des lois, je ne suis pas en mesure d'accéder à votre demande", écrit Emmanuel Macron dans une lettre à M. Cocq dont l'AFP a obtenu copie. 

Ayant adressé un courrier à la présidence française, Alain Cocq avait obtenu le 25 août une conférence téléphonique avec une conseillère de l'Élysée pendant laquelle il avait demandé que le président Emmanuel Macron autorise un médecin à lui prescrire un barbiturique afin qu'il puisse "partir en paix".

Selon M. Cocq, M. Macron est le seul à pouvoir le faire, "à titre compassionnel". Mais, écrit le président, "je ne peux demander à quiconque d'outrepasser notre cadre légal actuel". "Votre souhait est de solliciter une aide active à mourir qui n'est aujourd'hui pas permise dans notre pays", souligne M. Macron.

Cloué au lit et de plus en plus diminué, M. Cocq souhaiterait être autorisé à la sédation profonde mais cette dernière n'est actuellement permise par la loi Leonetti sur la fin de vie qu'à quelques heures d'une mort certaine.

Faute d'y être autorisé, M. Cocq confirme donc son intention de se laisser mourir en cessant toute alimentation, hydratation et traitement, sauf de confort, dès ce vendredi "au coucher".

"Avec émotion, je respecte cette démarche", ajoute le président dans sa lettre, qui porte une mention manuscrite: "avec tout mon soutien personnel et mon profond respect".

Emmanuel Macron "a tenu à saluer l'engagement de chaque instant de M. Cocq en faveur de l'égalité des droits, la participation et la citoyenneté des personnes handicapées. Il lui a également fait part de son admiration pour les combats incessants menés pour lutter contre la maladie et ses conséquences", a souligné l'Elysée auprès de l'AFP.

M. Cocq, 57 ans, souffre d'une maladie extrêmement rare à cause de laquelle les parois de ses artères se collent, entraînant une ischémie (arrêt ou insuffisance de la circulation du sang dans un tissu ou un organe). 

Afin de "montrer aux Français ce qu'est l'agonie obligée par la loi Leonetti", Alain Cocq diffusera sa fin de vie, dont il estime qu'elle durera "quatre-cinq jours", dès samedi matin au réveil, "en direct sur (sa) page Facebook".

Il espère ainsi que son combat lui survivra afin que, plus tard, une nouvelle loi soit adoptée pour permettre "le soin ultime", c'est-à-dire celui qui permet d'abréger des "souffrances inhumaines". "Mon combat va s'inscrire dans la durée", assure-t-il.

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