Après les inondations à Trèbes, place à la solidarité quand "tout est foutu"

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Personnels de la ville et bénévoles s'activent pour nettoyer les rues de Trèbes, le 16 octobre 2018
Personnels de la ville et bénévoles s'activent pour nettoyer les rues de Trèbes, le 16 octobre 2018
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© AFP, ERIC CABANIS

AFP, publié le mercredi 17 octobre 2018 à 17h10

Parents, amis, voisins ou bénévoles anonymes équipés de pelles ou de jets d'eau, dons de vêtements, de couvertures ou de jouets: la solidarité se met en place mercredi à Trèbes, la commune de l'Aude qui a payé le plus lourd tribut lors des inondations du début de semaine.

Dans cette ville en périphérie de Carcassonne, six personnes sont décédées (sur 14 dans tout le département) après que l'Aude est sortie de son lit, dans la nuit de dimanche à lundi, semant le chaos dans les maisons, immeubles et commerces.

Passé le pont qui enjambe le fleuve, enfin ouvert à la circulation, tous s'activent à déblayer la boue dans les bureaux de la Caisse d'Epargne, du Café de l'Aude ou dans les locaux d'une association, Trèbes Entraide.

"On a tout perdu, les stocks de nourriture que généralement on distribue, les congélateurs", dit un bénévole, Marc Minjat, qui se désole de "ne plus pouvoir rien faire pour toutes les familles qu'on soutient".

A l'aide d'une brouette, il sort des locaux des paquets de canettes noircies par la boue.

- "soutien psychologique"-

L'eau, ici, a atteint près de 2m30, arrivant quasiment au plafond, se désole le patron du Café de l'Aude, attenant. "Tout est foutu", dit ce dernier. L'expert, à ses côtés mercredi matin, acquiesce.

Un camion de la Protection civile passe devant l'établissement et prend la direction d'une petite rue. 

Une centaine de bénévoles de cette association, venus de toute la France, est arrivée dans le département de l'Aude, avec du matériel pour "aider, déblayer, nettoyer" mais aussi "apporter un soutien psychologique, afin qu'une vie normale reprenne le plus rapidement", dit Yannick Laurent, qui dirige les opérations sur Trèbes.

Dans la rue Lamartine, qui domine l'Aude, ils sont une dizaine à s'activer dans deux maisons, elles aussi touchées par les inondations.

Jet d'eau en main, l'une des bénévoles, veste orange et bleue sur le dos, nettoie, dans la petite rue même, tasses, verres, soucoupes, pièce par pièce, tandis que deux de ses compagnons nettoient un petit cabanon avec un aspirateur à eau et dégagent tout ce qui est aujourd'hui perdu.

Aujourd'hui, le fleuve coule plusieurs mètres en contrebas. Mais dans la nuit de dimanche à lundi, dans cette maison, "j'ai eu de l'eau jusqu'à la taille", témoigne Paul Boidron, le fils de la propriétaire.

"Devant, c'était un véritable lac", dit-il, un peu soulagé en accueillant les membres de la Protection civile, alors qu'"on nettoie et qu'on est dans la boue depuis lundi".

- "faire des dons" -

Depuis le début de la semaine, une cinquantaine de personnes ont proposé leurs services et se sont fait connaître auprès de la mairie, indiquent les services municipaux.

Et les dons arrivent de tout le département. Couvertures, couettes, vêtements, chaussures...commencent à s'entasser dans le complexe sportif de la commune.

Le long du canal du Midi, qui lui aussi a débordé à Trèbes, jetant pêle-mêle des péniches de tourisme sur les berges, Audrey et Amandine sont venues prêter main-forte à leurs parents, propriétaires d'un restaurant et d'une poissonnerie, avec lesquels elles travaillent.

Noë, 9 ans, le petit-fils de Sylvie et Michel Vernier, large raclette en mains et sourire aux lèvres, est lui aussi à pied d'oeuvre depuis mardi. Objectif de la famille: rouvrir le restaurant "La poissonnerie moderne" d'ici la fin de semaine.

Ils ont reçu des coups de téléphone de clients, de toute la France, et même des "messages d'Australie". Certains veulent faire des dons, envoyer des vêtements, et me demandent comment faire. Ça fait du bien", dit Sylvie Vernier. 

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