Après les "gilets jaunes" samedi, les "foulards rouges" dimanche

Après les "gilets jaunes" samedi, les "foulards rouges" dimanche
Des "gilets jaunes" manifestent dans la Drôme le 24 janvier 2019.

, publié le vendredi 25 janvier 2019 à 11h09

Des Français "foulards rouges" espèrent mobiliser dimanche 27 janvier "la majorité silencieuse" pour défendre "la démocratie et les institutions", ont annoncé jeudi plusieurs de leurs représentants. Le mouvement est né en novembre en réaction aux violences lors de manifestations des "gilets jaunes". 

Cette "marche républicaine des libertés" prévue à Paris dimanche n'est "ni pro-Macron, ni anti-gilets jaunes", affirment les organisateurs.  Les "foulards rouges" s'élanceront à 14h00 de la place de la Nation vers la place de la Bastille. "La colère a été entendue, les revendications étaient légitimes mais nous dénonçons la forme, les violences systématiques, la haine contre les élus, les journalistes.

Aujourd'hui, on n'est plus dans une contestation sociale", a déclaré Laurent Soulié, initiateur de la marche, lors d'un point presse.



"C'est un appel à la majorité silencieuse qui reste terrée chez elle depuis dix semaines", a ajouté cet ingénieur dans l'aéronautique à Toulouse. Sympathisant de la République en marche (LREM), il ne souhaite pas "défendre la personne d'Emmanuel Macron" mais "les institutions à travers la fonction qu'il occupe". "Notre appel dépasse toutes les considérations partisanes. Nous entendons provoquer un sursaut citoyen", abonde Laurent Segnis, fondateur des "gilets bleus", rallié aux "foulards rouges". Son collectif est né fin novembre pour protester contre les blocages mis en place par les "gilets jaunes". 

LREM embarrassée

Le parti présidentiel, "sensible à cette initiative", a cependant choisi de prendre ses distances. LREM "n'appellera pas à manifester le 27 janvier mais redoublera d'efforts pour assurer la réussite du débat" national, a fait valoir mardi son patron Stanislas Guérini. Celui-ci refuse "la logique du camp ontre camp". "On ne peut pas appeler à l'apaisement et dans le même temps aller manifester dans la rue", abonde un membre du parti à l'issue du d'une réunion du bureau exécutif. 

"Je n'y participerai pas et je pense que les élus n'ont pas vocation à participer à ce type de rassemblement", explique le député LREM du Val-d'Oise Aurélien Taché, pour qui "il n'est pas question de manifester Français contre Français". D'autant plus que "les forces de l'ordre sont épuisées", complète un ministre qui ne se voit pas "manifester pour (s)'autosoutenir". Plusieurs autres élus de la majorité interrogés par l'AFP font part de leur circonspection face à cette marche.


Risque d'affrontements ? 

Certains "foulards rouges" ont fait état de "menaces" sur les réseaux sociaux, où un appel à une contre-manifestation a été lancé. "C'est grave, on ne peut plus exprimer notre choix. Des gens ont peur de venir", affirme le "foulard rouge" Théo Poulard, indiquant la présence d'un "service de sécurité" dans le cortège, en appoint des forces de l'ordre. "Il y a deux gros risques", pointe un élu d'Ile-de-France. "Qu'il n'y ait personne et qu'on soit ridicules, ou qu'il y ait des gens qui viennent pour se battre".

Les organisateurs ne se fixent aucun "objectif" de mobilisation. Près de 10.000 personnes avaient déclaré vendredi sur Facebook leur intention de participer à cette marche, 26.000 personnes se disaient intéressées. "Le plus important, c'est de libérer la parole, de permettre une prise de conscience, avec enfin un appel au calme et au dialogue", résume Laurent Soulié.

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