Appel à faire évoluer le droit pour lutter contre la zoophilie

Appel à faire évoluer le droit pour lutter contre la zoophilie
Une association alerte les autorités sur l'importance des pratiques zoophiles sur internet et appelle à faire évoluer le droit sur cette question

, publié le vendredi 31 janvier 2020 à 08h29

Après une longue enquête ce sujet "tabou" et nouveau dans le débat sur la souffrance animale, une association alerte les autorités sur l'importance des pratiques zoophiles sur internet et appelle à faire évoluer le droit sur cette question.

Dans l'Hexagone, les sévices de nature sexuelle sur les animaux sont interdits par la loi du 9 mars 2004 et passibles de deux ans d'emprisonnement et 30.000 euros d'amende. 

Pourtant "plus de 1,5 million de films zoopornographiques sont visionnés chaque mois en France et plus de 10.000 personnes fréquentent les sites internet de petites annonces pour des expériences sexuelles avec des animaux", s'inquiète Benoit Thomé, président d'Animal Cross et coordinateur d'une enquête de plus de six mois sur ces pratiques sexuelles "méconnues" du grand public.

"Sur des sites francophones référencés notamment sur Google, en quelques clics, on voit des images de relations sexuelles entre des femmes et des chiens, avec des équidés. Ou des scènes de pénétrations sur des chiens", détaille-t-il.

"Des sites anglo-saxons, également très bien référencés sur Google, montrent aussi toute une panoplie de relations sexuelles avec des animaux domestiques mais aussi avec des cochons ou encore des veaux... 5 % des personnes qui les consultent sont français", ajoute-t-il.

Il existe également des sites d'annonces d'offre de service pornographique zoophile, avec des gens demandant à avoir un rapport avec un animal.

Pourtant, selon l'association, chaque année seulement une dizaine de zoophiles - tous des hommes - sont jugés devant les tribunaux, la plupart du temps après "dénonciation". Car en la matière, les preuves sont difficiles à établir.

Dominique Autier-Dérian, vétérinaire comportementaliste s'"intéresse au diagnostic des maltraitances animales".

- "Blessures psychologiques" -

"Les lésions découlent des pratiques sexuelles, comme des irritations des parties anales ou vaginales. La difficulté du diagnostic vient du fait qu'il n'y a pas obligatoirement des lésions physiques mais des blessures psychologiques et l'animal peut développer un comportement d'anxiété ce qui peut alerter le vétérinaire", explique-t-elle.

Face à ces pratiques, le député Dimitri Houbron (LREM) propose de faire évoluer la législation avec des articles spécifiques dédiés aux sévices de nature sexuelle commis sur les animaux, sujet qu'il juge "tabou" mais parfaitement "sérieux".

Il suggère la création d'un article visant à réprimer la diffusion sur tous supports des images et vidéos représentant des sévices de nature sexuelle envers un animal. "L'idée est de couper toutes les voies de production, de diffusion et de commercialisation des supports vidéos et photos de tels actes commis sur les animaux", explique le député du Nord.

Le député veut lutter contre "l'explosion sur les sites internet de ce type de contenu qui n'a pas de filtres. C'est le même problème que l'exposition des enfants à la pornographie", estime-t-il.

Et pour dissuader ceux qui s'adonnent à de telles pratiques, il suggère des peines passibles de cinq ans d'emprisonnement et 75.000 euros d'amende, "un message fort à la société". "Ces actes ne sont pas acceptables d'un point de vue moral!".

Une peine qui s'alourdirait à six ans d'emprisonnement et 100.000 euros d'amende en cas de circonstances aggravantes telles la mort de l'animal, l'infirmité permanente, l'incompatibilité anatomique ou l'accomplissement d'actes de torture et de barbarie.

Un autre projet d'article de loi, "inspiré de ce qui est en vigueur aujourd'hui sur le proxénétisme", vise certains sites libertins mettant en relation les hommes et leurs animaux en les assimilant à du "cyberproxénétisme".

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