Apostrophe interdite dans les prénoms : le prénom Derc'hen finalement autorisé

Apostrophe interdite dans les prénoms : le prénom Derc'hen finalement autorisé

Place de la Mairie de Rennes le 16 août 2015 (Illustration).

Orange avec AFP, publié le samedi 27 janvier 2018 à 18h49

Après le refus de l'état-civil de Rennes, les parents s'étaient résolus à inscrire leur enfant sous l'orthographe Derchen, sans apostrophe.

Les parents du petit Derc'hen ont finalement eu gain de cause. Alors que l'état-civil de Rennes (Ille-et-Vilaine) avait refusé la demande du couple qui souhaitait prénommer leur fils né le 21 août 2017 de cette façon, à cause de l'apostrophe, le parquet leur a donné raison.

"Des instructions destinées à autoriser l'utilisation de l'apostrophe dans le choix des prénoms vont être rapidement transmises à l'ensemble des procureurs de la République du ressort de la cour d'appel de Rennes" et, "à l'initiative du parquet", une rectification va être effectuée à l'état-civil afin que l'enfant puisse être enregistré sous le prénom de "Derc'hen", a indiqué vendredi soir 26 janvier un communiqué de la cour d'appel de Rennes. 

Circulaire de 2014

Ce refus de l'apostrophe avait été motivé par une circulaire de 2014. Celle-ci liste un certain nombre de signes, comme les accents, la cédille ou le tréma, pouvant être utilisés dans l'état-civil. "Il en résulte que la circulaire du 23 juillet 2014 ne statuant pas expressément sur l'utilisation de l'apostrophe et s'agissant en outre d'un signe orthographique d'utilisation courante, il peut être considéré que son emploi n'est pas formellement interdit", a relevé le parquet.

Le procureur général de Rennes, Jean-François Thony, avait annoncé mercredi qu'il allait "procéder, de manière précise et détaillée, à un nouvel examen de cette situation juridique, en lien avec l'administration centrale", à la suite du refus de la mairie de Rennes d'enregistrer en août dernier le prénom sous la forme retenue.

Les parents s'étaient donc finalement résolus à inscrire leur enfant sous l'orthographe Derchen, sans apostrophe. Or, le c'h en breton a une prononciation proche de la jota espagnole, sans rapport avec la prononciation de son orthographe francisée. 

Le cas Fañch toujours pas réglé

En vertu de cette circulaire de 2014, certains autres signes, partie intégrante pour certains de la langue bretonne ou d'autres langues reconnues, ne sont plus autorisés au nom du respect de la langue française. Il s'agit notamment du tilde, très fréquent également en espagnol, par exemple.

La mairie de Rennes a annoncé mardi qu'elle allait demander la modification de la circulaire de 2014. Le conseil régional de Bretagne et une vingtaine de députés avaient déjà fait cette demande l'an dernier, en vain.

Ce texte est vivement critiqué en Bretagne depuis l'interdiction du tilde dans le prénom Fañch par le tribunal de Quimper (Finistère) en septembre dernier. Un procès en appel doit avoir lieu à Rennes cette année. Cette circulaire a aussi empêché une habitante du pays basque, Alexandra Ibañez, 33 ans, de léguer le tilde de son nom de famille à son fils.

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39 commentaires - Apostrophe interdite dans les prénoms : le prénom Derc'hen finalement autorisé
  • On admet des tas de prénoms arabes, américains ou tchèques mais on embête les français des régions. Le C'H breton se prononce comme le CH alsacien ou allemand (voir J.S. Bach) et à l'opposé de la France les béarnais ou les catalans ont des prénoms comme Bixente (Lizarazu) où le B est mis pour V et le X se prononce CH.
    Respectons les particularités régionales sans sombrer dans les prénoms ridicules comme Guillotine ou Robespierre.

  • Pourquoi ne pas instituer le prénom , provisoire ?
    Les parents qui affubles leurs enfant d'un prénom particulier , ont - ils en tête , que la malheureuse ou le malheureux , sera l'objet de "moqueries " , de la part des autres enfants lors de sa scolarité , ( les enfants étant très méchants , surtout en groupe ) si l'état civil n'a d'autres choses à faire que de "pinailler " sur ce genre de souci , alors là c'est grave !
    Laissons le droit à ceux qui ont souffert , et qui souffrent d'un prénom peu supportable de pouvoir en changer dès que possible .
    Arrêt des prénoms régionaux sous prétexte de sauvegarde des traditions , et des prénoms inventés lors de soirées trop arrosées .
    Arrêtons d'engorger les tribunaux de ces conneries .

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    LEF93  (privé) -

    Il n' y avait aucune raison qu'il soit refusé, à partir du moment ou l'Etat accepte les prénoms étrangers!

  • "En même temps" , le parquet a toujours accepté les prénoms africains et d'Outre-mer comme N'néné et Tu'iuvea , donc il était logique qu'il en fasse autant pour les prénoms Bretons !!!

    Faut croire que ,pour beaucoup, les prénoms bretons ,la langue bretonne sont encore vus comme la résurgence d'un passé réactionnaire , chouans en avant.....Il suffit de dire que nous en avons marre de subir la hargne nationale et qu'il est temps de nous séparer de votre unité toute nationale.

  • Quelle importance donnée à un prénom juste là pour se distinguer des autres! Ce qui compte c'est le Q I ? non? et aussi que ce

    prénom ne devienne pas un boulet à porter par l'enfant!

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