Apologie du terrorisme : les enquêtes visant des adolescents se multiplient

Apologie du terrorisme : les enquêtes visant des adolescents se multiplient
Depuis l'assassinat du professeur, les poursuites contre des adolescents se multiplient

, publié le vendredi 06 novembre 2020 à 13h44

Depuis l'assassinat de Samuel Paty le 16 octobre dernier, le nombre d'adolescents inculpés pour apologie du terrorisme augmente.

Trois lycéens du nord de la France ont été inculpés pour "apologie du terrorisme" et "menaces" après l'hommage au professeur assassiné Samuel Paty, a-t-on appris vendredi auprès du parquet de Cambrai.



Deux de ces élèves ont été mis en examen mercredi et un troisième jeudi, a précisé à l'AFP Rémi Schwartz, procureur de Cambrai, confirmant une information du quotidien régional La Voix du Nord. Deux sont poursuivis pour apologie du terrorisme, un troisième pour menaces.

Ils sont âgés de 15 à 17 ans.

Les propos visés ont été tenus lundi lors de la discussion ayant suivi la minute de silence en hommage à Samuel Paty. "On n'a pas du tout affaire à des gens inscrits dans un processus de radicalisation violente, y compris dans leur environnement familial", a souligné Rémi Schwartz.

Un cas similaire à Marseille

A l'autre bout de la France, à Marseille, c'est un adolescent de nationalité afghane, scolarisé dans un collège du centre de la ville qui a été inculpé pour apologie du terrorisme. Selon le quotidien La Provence, ce garçon de 14 ans se serait félicité de l'attentat contre Samuel Paty, ajoutant qu'il "aurait fait pareil".

L'adolescent a été inculpé par un juge des enfants pour apologie du terrorisme, a indiqué à l'AFP la procureure de Marseille, Dominique Laurens. Il a été placé sous "liberté surveillée préjudicielle". Il s'agit d'un processus éducatif visant à évaluer son évolution a précisé la magistrate.

Depuis la rentrée lundi, sept incidents sont remontés au rectorat d'Aix-Marseille. Trois ont été considérés comme "une justification de l'acte terroriste" et ont été signalés aux forces de police, les autres relevant davantage "d'une incompréhension" de la situation, a détaillé le recteur Bernard Beignier dans La Provence jeudi.

A Strasbourg, ce sont deux collégiens de 12 ans qui sont visés par une enquête pour apologie du terrorisme à cause de propos tenus en classe.


Plusieurs enquêtes du même type ont été ouvertes depuis l'assassinat de Samuel Paty à la mi-octobre.

D'autres cas jugés à Vesoul et Poitiers

Un lycéen de 16 ans a été mis en examen mardi 27 octobre à Vésoul pour ses propos sur un réseau social. Il a été placé sous contrôle judiciaire. Le suspect a reconnu en garde à vue avoir écrit sur un réseau social le message : "Quelconque mécréant souhaitant salir l'islam mérite de subir le même sort que M. Paty Allahou Akbar". Ce message avait été publié le 20 octobre, quatre jours après l'assassinat de Samuel Paty dans un attentat à Conflans-Sainte-Honorine.

Le jeune homme est "inconnu" des services de police et de justice. Selon le procureur, c'est une personne qui "s'est convertie et qui s'est radicalisée, mais qui n'est pas issue d'un milieu musulman".

A Poitiers, c'est un demandeur d'asile afghan de 26 ans qui a été condamné à 18 mois de prison assortis d'une interdiction définitive de fouler le sol français.

400 violations de la minute de silence

Lundi 2 novembre, la rentrée des classes a donné lieu à une minute de silence en hommage au professeur Samuel Paty, assassiné à la sortie de son collège. Selon Jean-Michel Blanquer, 400 violations de la minute de silence ont été signalées. Le ministre de l'Education nationale a assuré que chaque incident ferait l'objet de poursuites.

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