#Anti2010 : pourquoi les enfants nés en 2010 sont victimes de harcèlement

#Anti2010 : pourquoi les enfants nés en 2010 sont victimes de harcèlement
(Photo d'illustration)

publié le jeudi 16 septembre 2021 à 21h20

Face à une campagne de dénigrement des enfants nés en 2010 qui prend de l'ampleur sur les réseaux sociaux, jusque dans les cours de récréation, la Fédération des conseils de parents d'élèves (FCPE) demande au gouvernement d'agir.  "Soyez bienveillants à votre tour, soyez des vecteurs de fraternité, soyez des ambassadeurs contre le harcèlement", a ensuite appelé sur Twitter le ministre de l'Education nationale Jean-Michel Blanquer. 

"Brigade anti2010", "brigade contre les 2010", "anti 2010"... Depuis quelques semaines, voire mois, une campagne de harcèlement contre les jeunes nés en 2010, qui pour la plupart sont rentrés en 6e cette année, essaiment sur les réseaux sociaux, notamment sur Tik Tok, particulièrement plébiscité par les plus jeunes.

Selon BFMTV,le hashtag #Anti2010 cumulait jeudi 16 septembre 40 millions de vues. 



Il s'agit de posts et de vidéos moqueuses, insultantes, ou qui appellent même carrément à la violence contre ces jeunes qui fêtent cette année leur 11 ans. "Mentionnez-moi dès que vous voyez un 2010", "personne n'aiment les 2010" (sic), "hors de ma vue 2010", "police anti 2010", peut-on voir écrit en description de certains comptes, rapporte Le Parisien. "Certains appellent à 'afficher' les tenues vestimentaires 'les plus moches' de ces élèves, un gif chante 'je sens qu'on va se faire défoncer' et un autre met en scène une personne en uniforme militaire armée frappant à une porte avec la légende 'moi qui a (sic) trouvé l'adresse d'un 2010'", détaille BFMTV.

Ce hashtag remonte à plus d'un an pour dénoncer à la base le comportement de certains très jeunes joueurs du jeu vidéo Fortnite, coupables selon les plus âgés de ne "pas respecter les codes", explique au Parisien Yasmine Buono, fondatrice de Net Respect, qui intervient sur la question des usages d'Internet auprès des enfants et adolescent. 

Mais tout ça "a dégénéré", dixit Tristan, 13 ans, avec la chanson "Pop it Mania" de Pink Lily, sorti en août dernier, dans laquelle la jeune youtubeuse et gameuse vante ces fameux jouets que tous les moins de 12 ans s'arrachent et d'être "née en 2010 et déjà sur toutes les tendances". 

La FCPE en appelle au gouvernement

Une campagne de harcèlement qui s'étend parfois jusque dans les cours de récréation. "Ma fille craint d'aller au collège lundi car les enfants nés en 2010 seraient la cible d'insultes. Ce serait un challenge Tiktok (ou toc toc). Ça vous parle ?", alertait notamment une mère de famille le 7 septembre dernier sur Twitter.  


"Elle me dit que régulièrement, dans les couloirs, certains fredonnent la chanson Pop-it quand ils croisent un enfant né en 2010, témoigne-t-elle jeudi 16 septembre pour BFMTV.com. Il est aussi arrivé, lorsqu'elle était assise sur un banc, que des grands se lèvent en disant: 'On ne veut pas de 2010 à côté de nous'."

"La semaine dernière, des camarades de 5e, qu'il connaissait pourtant de l'extérieur, l'ont traité 'de petit 2010 de merde'", s'insurge de son côté dans les colonnes du Parisien un père de famille du Maine-et-Loire. 

Alors que les témoignages se multiplient dans la presse régionale, la Fédération des conseils de parents d'élèves (FCPE) a demandé jeudi au gouvernement d'agir, rapporte franceinfo. "Le harcèlement ne doit en aucune manière être banalisé ou pris à la légère (...) Il est inacceptable que des enfants soient victimes d'appel à la haine, d'appel à la mort sur les réseaux sociaux associés à des images ultraviolentes", estime la FCPE.  "Il n'est pas admissible que les Etats, qui plus est signataires de la Convention internationale des droits de l'enfant, ne se saisissent pas de cette question, c'est-à-dire protéger les enfants sur les réseaux sociaux et dans leurs usages du numérique. Le contrôle parental ne suffit pas, ni quelques heures d'éducation aux médias", insiste-t-elle. 

"C'est révélateur de notre société où la haine est de plus en plus présente et s'affiche sur les réseaux sociaux. Les enfants reproduisent à leur échelle ce à quoi ils assistent. C'est très grave, on en vient à discriminer quelqu'un sur son année de naissance. Où va-t-on?", s'alarme de son côté sur BFMTV Hugo Martinez, président de l'association Hugo! qui lutte contre le harcèlement scolaire. "Craignant une escalade de haine", il appelle le ministre de l'Education nationale Jean-Michel Blanquer et le secrétaire d'Etat chargé de la Transition numérique Cédric O à se saisir du sujet.

Le message de Blanquer

Jean-Michel Blanquer a réagi en fin de journée dans une vidéo postée sur son compte Twitter, appelant à ne rien laisser passer en s'adressant aux collégiens et collégiennes. "Je vois qu'il y a un mouvement qui monte et qui consiste à mal accueillir les élèves de 6ème, et à embêter les élèves nés en 2010. C'est évidemment complètement stupide, c'est contraire à nos valeurs, rappelez-vous quand vous étiez 6ème vous-mêmes, c'était spécial d'arriver au collège et vous comptiez sur la bienveillance de tout le monde", déclare le ministre. 


"Soyez bienveillants à votre tour, soyez des vecteurs de fraternité, soyez des ambassadeurs contre le harcèlement, dites à tous les élèves nés en 2010, dites à tous les élèves de 6ème 'bienvenue au collège'", exhorte-t-il ensuite, appelant à utiliser un nouveau mot d'ordre, #BienvenueAux2010, en lieu et place du hashtag préexistant.

Le ministre rappelle par ailleurs que deux numéros existent pour signaler des faits de harcèlement (3020) et de cyber-harcèlement (3018). 
 

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