Angers : un policier accusé d'avoir frappé un jeune, ses collègues de l'avoir couvert

Angers : un policier accusé d'avoir frappé un jeune, ses collègues de l'avoir couvert
Un policier aurait frappé un jeune homme de 19 ans à la tête.
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Orange avec AFP, publié le jeudi 05 avril 2018 à 14h59

Selon les informations de Ouest-France, un policier de la brigade anti-criminalité d'Angers (Maine-et-Loire) est soupçonné d'avoir mis un coup de tête à un jeune de 19 ans interpellé après un simple contrôle d'identité.

Les faits remontent à la nuit du 19 au 20 mars. Ce soir là, un jeune Angevin est contrôlé au volant de sa voiture par une équipe de la BAC.

Ne pouvant présenté de papiers d'identité, il est conduit au commissariat pour vérification. Il accuse l'un des fonctionnaires de l'avoir violemment poussé au sein l'établissement et de lui avoir mis "un coup de tête", rapporte Ouest France.

Des images de la scène capturées par des caméras

Le jeune homme est finalement placé en garde à vue pour "des insultes", qu'il assure n'avoir jamais lancées. " J'ai beaucoup saigné", confie ce résidant du quartier de La Roseraie au quotidien régional. "Lors de ma première audition, j'ai dit que je voulais porter plainte", ajoute-t-il.



Deux hommes de l'Inspection générale de la police nationale (IGPN) - "la police des polices" - sont venus recueillir son témoignage le jour de sa sortie de garde à vue. Des images de son agression auraient été filmées par des caméras de vidéosurveillance, précise Ouest-France.

"Même des insultes ne justifient pas un coup de tête"

Le policier a été finalement placé en garde à vue quelques jours après les faits avant d'être déféré devant le parquet. "Il devait comparaître le 18 avril prochain pour violences volontaires par personne dépositaire de l'autorité publique, mais son procès sera renvoyé à une date ultérieure", écrit le quotidien.

"En proie à des problèmes personnels", le policier, présenté comme aguerri, avait "sollicité de ne plus intervenir dans le cadre de la garde à vue", selon des sources contactées par Ouest France. Ses collègues évoquent également "le manque d'effectifs" et la fatigue liée à "beaucoup d'heures supplémentaires".

Couvert par deux de ses collègues ?

"Même des insultes ne justifient pas un coup de tête", s'est insurgée de son côté Me Nathalie Paillard-Goustour, avocate du jeune homme. "Il faut avoir confiance dans la police. On ne peut pas laisser des choses comme ça arriver. 
"Nous ne voulons que des héros", a déclaré son avocat Me Pascal Rouiller. "Des Arnaud Beltrame, toujours et partout alors que derrière l'uniforme, il n'y a que des hommes, présentant forces et faiblesses".

Le policier n'est pas le seul fonctionnaire pointé du doigt : "Deux de ses collègues de la Bac auraient "voulu le couvrir", selon le quotidien. Ils ont "tordu" la vérité dans des procès-verbaux, mais leur version "ne collait pas avec les images de vidéo". Tous les policiers impliqués dans cette affaire risquent des sanctions administratives.

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