Amiens : un vigile de la gare SNCF soupçonné d'avoir passé à tabac un marginal arrêté

Amiens : un vigile de la gare SNCF soupçonné d'avoir passé à tabac un marginal arrêté
Un train arrive en gare d'Amiens le 8 juin 2011 (Illustration)

Orange avec AFP, publié le mercredi 04 mai 2016 à 18h30

Une vidéo montrant un agent de sécurité frapper violemment un marginal à terre en gare d'Amiens a provoqué l'émoi des d'internautes. Depuis, le parquet a ouvert une enquête pour "violences volontaires".

Postée lundi 2 mai sur Facebook et d'une durée de 18 secondes, la vidéo en a choqué plus d'un.

Elle montre un un agent de sécurité d'une société privée frapper à coups de pied un homme dans le hall de la gare d'Amiens, après l'avoir projeté contre un Photomaton. Ce mercredi 4 mai à 18h, elle avait été visionnée près de 2,5 millions de fois et partagée près de 70.000 fois. Derrière cette vidéo, un habitué de la gare qui "allai(t) chercher ses clopes à la gare quand (il) a vu le vigile contre ce SDF qu'(il) croise régulièrement" ainsi qu'il l'a raconté à FranceTV info. "Il l'a d'abord frappé dans le Photomaton, sans doute pour être moins vu, puis deux personnes ont tenté de l'arrêter"a-t-il détaillé. Une tentative infructueuse puisque l'agent de sécurité rattrape le sans-domicile-fixe qui tente de s'échapper et le jette contre l'appareil. "C'est ce moment-là que je filme. Si on le voit tituber, ce n'est pas à cause de l'alcool, mais des coups répétés."

Le parquet d'Amiens avait ouvert une enquête mardi pour "violences volontaires dans un lieu destiné à l'accès d'un moyen de transport collectif de voyageurs". Le vigile, âgé de 37 ans, de son côté a été interpellé ce mercredi 4 mai et placé en garde à vue. Il pourrait être traduit vendredi en comparution immédiate devant un tribunal, un scénario toutefois encore non confirmé. Le Défenseur des droits, Jacques Toubon, a indiqué dans un communiqué avoir décidé d'ouvrir une enquête mercredi, parlant d'une scène "d'une grande violence".



Une fois qu'il s'est rendu compte qu'il était filmé, le vigile a tenté de s'expliquer raconte le témoin qui a refusé tout dialogue concernant ce "comportement inacceptable". "Il m'a dit qu'ils [les SDF] étaient tout le temps là et qu'ils étaient saoulants" précise le vidéaste amateur qui assure avoir voulu alerter le personnel SNCF en gare avant de se décider, faute de temps, de poster son œuvre sur Facebook et sur Instagram où la SNCF lui a répondu qu'une enquête avait été ouverte "auprès du prestataire avec toute la sévérité qui s'impose".

Auprès de France 3 Picardie, la SNCF a reconnu l'agression, admettant que le vigile avait "perdu son sang-froid" mais qu'il avait été "provoqué" par la victime "qui traîne très souvent à la gare et embête les voyageurs ou les agents de sécurité". "Les circonstances expliquent que l'agent n'ait pas pu se contenir, mais ça ne l'excuse pas". D'après l'auteur de la vidéo interrogé par un correspondant de l'AFP, l'homme agressé est "quelqu'un de souriant" et qui "n'avait pas l'air alcoolisé" au moment des faits.

Auprès de l'AFP, la direction de la SNCF en Picardie a qualifié l'attitude de l'agent de sécurité d'"intolérable et inacceptable", précisant que l'agresseur présumé a été suspendu à titre conservatoire par son employeur, un prestataire privé. "Nous avons demandé à ce qu'il ne travaille plus ici et nous avons fait un signalement à l'établissement qui gère l'agrément des agents de sécurité en France", a ajouté cette source.



De son côté, l'homme frappé, âgé d'une cinquantaine d'année, a déposé plainte, mais refuse de consulter un médecin pour faire attester des coups reçus, précise-t-on de source policière. Ce n'est pas un sans domicile fixe, mais un marginal défavorablement connu des services de police, qui l'ont interpellé à maintes reprises pour ivresse dans un lieu public, selon la même source.

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