Amiens : les ex-salariés de Whirlpool en colère contre le repreneur, WN

Amiens : les ex-salariés de Whirlpool en colère contre le repreneur, WN
La devanture de l'entreprise WN, qui a succédé à Whirlpool sur le site d'Amiens, photographiée en mai 2019.

, publié le vendredi 05 juillet 2019 à 20h00

Près de 80 salariés de la société WN, placée en redressement judiciaire, se sont rassemblés vendredi sur le parking de l'ex-site Whirlpool à Amiens pour exprimer leur colère et leurs craintes sur leur avenir professionnel.

La majorité d'entre eux sont des anciens de Whirlpool. Si le nom a changé,  ils ont été repris par le fondateur de WN, Nicolas Decayeux, le sentiment reste le même.

Ils accusent l'industriel picard de les avoir "menés en bateau". 

"Il n'y a plus vraiment d'espoir, on sait que les licenciements vont intervenir dans quelques semaines, peut-être à partir du 12 août", a expliqué à l'AFP Christine, une salariée désabusée et en colère. Jusqu'ici, peu de salariés avaient accepté de s'exprimer publiquement.

Redressement judiciaire

Début juin, le tribunal de commerce d'Amiens a placé en redressement judiciaire, assorti d'une période d'observation de six mois, l'entreprise WN, qui avait repris en mai 2018 162 salariés sur les 282 que comptait l'usine de sèche-linge, délocalisée en Pologne. Mais WN se trouve aujourd'hui dans une impasse de trésorerie, faute de débouchés commerciaux concrets. 



"C'est un grand gâchis", a estimé Farid, un autre salarié, pour qui les dirigeants de WN ont fait preuve d'"amateurisme" depuis le début de la reprise. "Lors des visites de personnes extérieures à l'entreprise, on nous demandait de nous cacher afin de masquer notre inactivité", a-t-il raconté.

Depuis plusieurs semaines, l'Etat travaille à une réindustrialisation du site. Selon les salariés, les candidats à une reprise ont jusqu'au 23 juillet pour se manifester. Jusqu'ici, seule la société Ageco Agencement, déjà installée sur le site, a annoncé s'être portée candidate à une reprise partielle. Le tribunal de commerce d'Amiens doit se prononcer le 26 juillet. 


Représentant des salariés de WN, Serge Touttain a souligné les efforts réalisés par tous les partenaires pour maintenir le maximum d'emplois. "Il faut continuer à pousser", a-t-il lancé aux salariés. Selon lui, le nom de La Poste a été cité comme potentiel repreneur d'une partie de l'activité lors d'une réunion de travail. Contactée, la Poste a indiqué que ni elle, ni ses filiales n'étaient impliquées dans une quelconque reprise du site.
 

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