Alpes-Maritimes : le gros chèque de l'ex-émir du Qatar fait grincer des dents à Mouans-Sartoux

Alpes-Maritimes : le gros chèque de l'ex-émir du Qatar fait grincer des dents à Mouans-Sartoux
L'ancien émir du Qatar Hamad Ben Khalifa Al Thani, le 26 mars 2013 à Doha.

, publié le jeudi 15 décembre 2016 à 13h00

L'ancien émir du Qatar a fait un don d'un million d'euros à la commune de Mouans-Sartous, au nord de Cannes (Alpes-Maritimes), où le cheikh possède une propriété depuis 1995. Cela pour financer des cantines 100% bio.

Un geste qui fait grincer des dents dans la commune, notamment chez les élus de l'opposition Les Républicains.

Ce gros chèque signé du cheikh Hamad Ben Khalifa Al Thani et déjà encaissé par l'élu "a été acté par une délibération en conseil municipal lundi soir", a précisé à l'AFP le maire écologiste sans étiquette de Mouans-Sartoux, Pierre Aschieri, confirmant une information de Nice-Matin. Une manne "conséquente", précise-t-il, puisque sa commune d'environ 10.000 habitants a un budget de fonctionnement annuel d'environ 12 millions d'euros et une dotation de l'État trois fois inférieure au don de l'ex-émir.

"UNE QUESTION DE VALEURS"

"Ce n'est pas ma conception de la France et de la République ! Dans notre pays, on ne laisse pas un émirat du Moyen-Orient financer l'école ou ce qu'il y aura demain dans les assiettes de nos enfants à la cantine", réagit pour sa part Christophe Chalier, chef de file de l'opposition municipale et suppléant de la députée-maire du Cannet LR Michèle Tabarot. "Moi, ça m'interpelle et je me pose la question, qu'est-ce qu'il peut y avoir comme influence après derrière tout ça?", s'indigne Christophe Chalier, candidat malheureux à la mairie en 2014 face à André Aschieri, réélu haut la main pour la 8e fois et qui a cédé son fauteuil à son fils Pierre en 2015.



"C'est plus qu'un coup de gueule, c'est une question de valeurs", poursuit-il. Interrogé par RTL, l'élu explique qu'il y a peut-être une contrepartie financière après la vente il y a plusieurs années d'un terrain communal cédé pour un euro symbolique et plus récemment pour la construction d'un passage souterrain permettant à Hamad Ben Khalifa Al Thani d'unifier ses propriétés.

"ON NE FAIT PAS UNE ÉCOLE CORANIQUE"

"On ne va pas faire des repas halal à la cantine", rétorque Pierre Aschieri, accusant son adversaire de faire des raccourcis. "On est sur de la production agricole avec une démarche pédagogique pour que les enfants viennent voir comment poussent les légumes, on ne fait pas une école coranique!", dit-il. "C'est facile de suspecter des tas de trucs (...) mais là il se trouve qu'on a quelqu'un (l'ex-émir) qui s'intéresse à ce qu'on fait à Mouans-Sartoux, qui est fortuné et veut nous aider (...). c'est assez simple et il n'y a pas grand-chose de croustillant là derrière", conclut le maire.


En 2003, le cheikh avait déjà fait don de 238.000 euros à la commune pour financer une caserne de pompiers. Lauréat des Victoires des cantines rebelles 2016, un prix destiné à favoriser l'utilisation de produits bio et locaux dans les cantines, Mouans-Sartoux a aussi reçu cette année une dotation de la fondation Carasso pour l'alimentation durable (50.000 euros/an pendant trois ans).

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