Allier : leurs parents ne paient pas la cantine scolaire, deux enfants au pain et à l'eau

Allier : leurs parents ne paient pas la cantine scolaire, deux enfants au pain et à l'eau
Une cantine scolaire, à Bordeaux (illustration)

, publié le mardi 17 septembre 2019 à 12h02

Le maire de Saint-Pourçain-sur-Sioule (Allier) reconnait un "geste peut-être un peu maladroit qui ne sera pas réitéré", qu'il voyait comme un "électrochoc" adressé aux mauvais payeurs.

Deux enfants de l'école primaire Michelet Berthelot de Saint-Pourçain-sur-Sioule ont dû déjeuner avec du pain et d'eau à la place d'un repas servi à la cantine, en raison des impayés de leurs parents. Mis à l'écart de leurs camarades à l'heure du repas le 9 septembre, les deux écoliers scolarisés en CE2 et CM1 ont mangé du "pain frais et bu de l'eau", a confirmé le maire Emmanuel Ferrand à plusieurs médias dont France 3 Auvergne-Rhône-Alpes, qui a révélé l'information lundi 16 septembre.

"C'est une famille qui est sourde aux appels téléphoniques, aux courriers, aux visites... On ne les trouve même pas chez eux", a justifié sur Europe 1 l'édile de cette commune d'un peu plus de 5.000 habitants.

"On ne s'en prend pas aux enfants"

L'adjoint au maire a également évoqué les raisons de cette décision. "Cette famille n'avait pas réglé la cantine depuis plus d'un an et n'y avait pas inscrit les enfants cette année", explique t-il. "C'est brutal, violent et humiliant pour ces enfants", a pour sa part témoigné Cédric Feit, parent d'un élève scolarisé dans le même établissement. "Je n'excuse pas du tout ces parents. C'est inadmissible de ne pas payer la cantine pendant un an mais on ne s'en prend pas aux enfants", selon lui.

L'adjoint a reconnu "un geste peut-être un peu maladroit qui ne sera pas réitéré", tout en précisant que la famille avait été prévenue à plusieurs reprises mais était injoignable depuis la rentrée.  "Le maire souhaitait que cela produise un électrochoc. Nous nous sommes rendu compte cet été qu'un tiers des familles n'avait pas réglé tous les frais de cantine au dernier trimestre, ce qui représente pour la mairie une perte de plus de 6.000 euros", abonde t-il, précisant que le prix d'un repas est de 2,5 euros.

Le maire dit quant à lui "regretter" une décision qu'il "assume néanmoins". "De nombreux parents viennent me voir. Ils règlent leur facture de cantine et me disent qu'ils en ont marre de payer pour les autres", explique t-il, ajoutant que les parents avaient réglé leur dette à la suite de ce menu frugal. "Je précise aussi qu'à aucun moment les parents des 2 enfants ne se sont plaints. La preuve est qu'ils ont payé sans rien dire", conclut-il.

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