Alexandre Benalla : "J'étais prêt à démissionner, on m'a répondu que ce n'était pas la peine"

Alexandre Benalla : "J'étais prêt à démissionner, on m'a répondu que ce n'était pas la peine"
Alexandre Benalla et Emmanuel Macron, le 18 juin 2017 au Touquet (Pas-de-Calais)

Orange avec AFP, publié le dimanche 29 juillet 2018 à 09h00

Dans une interview accordée au Journal du dimanche (JDD), Alexandre Benalla revient sur les circonstances qui ont conduit à sa chute et accuse une nouvelle fois "la haute hiérarchie policière" d'avoir profité de "sa faute" pour l'écarter. Il affirme également avoir proposé sa démission au directeur du cabinet de l'Élysée, Patrick Strozda, au moment de sa mise à pied, mais celui-ci lui aurait répondu que "ce n'était pas la peine".

Le Monde, TF1 et maintenant le JDD.

Alexandre Benalla poursuit sa riposte médiatique après avoir gardé le silence plusieurs jours suite à la diffusion le mercredi 18 juillet de vidéos montrant cet ancien "chargé de mission" à l'Élysée frapper des manifestants en marge du 1er mai à Paris. Depuis, l'ancien "monsieur sécurité" d'Emmanuel Macron a été licencié, perquisitionné et mis en examen. Il a également dû annuler son mariage, puisqu'il se trouvait en garde à vue à l'heure de la cérémonie.

Je suis impulsif, mais je ne suis pas violent

"Je vis tout cela comme une épreuve supplémentaire - j'en ai connu d'autres", confie-t-il à l'hebdomadaire. "Je sais que j'en sortirai plus fort. J'ai ma conscience pour moi. Je sais ce que j'ai fait et ce que je n'ai pas fait, je sais qui sont les menteurs et ceux qui disent la vérité".



L'homme âgé de 26 ans admet une nouvelle fois avoir commis "une faute", mais selon lui, il n'a pas commis d'infraction à la loi. "Je n'ai pas frappé un homme qui était par terre", répète-t-il au JDD. "Si on veut bien regarder les vidéos, c'est très net", considère-t-il. "Je suis intervenu pour interpeller un manifestant menaçant, c'était vigoureux, c'est vrai. Je suis impulsif, mais je ne suis pas violent".

"Il me faisait confiance, j'ai merdé"

Alexandre Benalla s'étonne également d'être le seul accusé dans cette histoire avec Vincent Crase, ce gendarme réserviste employé de La République en marche (LREM) également identifié sur les vidéos et visé par la plainte de deux manifestants comme lui. Selon lui, les images montrent pourtant "des CRS frapper des manifestants".



D'un point de vue politique, il regrette d'être "celui par qui le scandale arrive", "le maillon faible qu'on utilise pour s'en prendre au Président". "Il me faisait confiance, j'ai merdé. J'étais là pour le protéger et c'est moi qui l'ai mis en difficulté", ajoute-t-il, expliquant avoir "des relations de sympathie" avec le chef de l'État mais sans aucune "familiarité". Il assure d'ailleurs ne plus avoir eu de conversation avec Emmanuel Macron depuis le 16 juillet.

"Aujourd'hui, on me juge sur un acte, sans me connaître"

"Deux commissions parlementaires, des auditions en direct à la télé, des enquêtes dans tous les sens pour un truc pareil, vous avez déjà vu ça, vous ?", demande-t-il également aux journalistes de l'hebdomadaire. "Aujourd'hui, on me juge sur un acte, sans me connaître", déplore-t-il également. "Ceux avec qui j'ai travaillé, eux, savent qui je suis et d'où je viens". Et d'ajouter : "J'ai grandi avec ma mère, mon petit frère et ma petite sœur dans 15 m² à La Madelaine, une ZUP d'Évreux (Eure). La fenêtre donnait sur la maison d'arrêt, on s'habillait au Secours populaire".

Il explique s'être souvent "fait détester par ceux qui pensent que les responsabilités dépendent surtout des diplômes". "Certains m'ont jugé illégitime à cause de mon parcours. Dans le monde du pouvoir, on aime les gens bien formatés et qui la ferment. Moi, j'ai toujours eu tendance à l'ouvrir. On me l'a fait payer". L'ancien collaborateur accuse "la haute hiérarchie policière".

"Il y a des gens qui gèrent leurs intérêts, leur carrière, et que j'ai dérangés. Par ma faute, je leur ai donné une occasion ; ils ont sauté dessus pour m'écarter", déclare-t-il, avant d'ajouter : "Beaucoup de gens ont tout perdu avec l'élection de MAcorn, et ils ne savaient pas sous quel angle l'attaquer.

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