Alcoolisme : le baclofène autorisé sous certaines conditions

Alcoolisme : le baclofène autorisé sous certaines conditions
Des boîtes de baclofène photographiées le 26 avril 2012

Orange avec AFP, publié le mardi 23 octobre 2018 à 16h43

L'Agence du médicament a autorisé la mise sur le marché du baclofène dans le traitement de l'addiction à l'alcool. Ce médicament est à l'origine un décontractant musculaire. 

Un remède contre l'alcoolisme ? L'Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) a annoncé dans un communiqué publié mardi 23 octobre l'autorisation de mise sur le marché du baclofène dans le traitement de l'alcoolo-dépendance. C'est le Bacloclur du laboratoire Ethypharm qui a obtenu l'autorisation. Le baclofène ne pourra toutefois être prescrit que sous certaines conditions et ne sera pas prescrit en première intention. "Le Baclolur est indiqué dans la réduction de la consommation d'alcool, en complément d'un suivi psychosocial, après échec des autres traitements, chez l'adulte", note l'ANSM dans son communiqué. Ainsi, le baclofène ne pourra être prescrit qu'à une dose réduite et après échec des autres traitements.

Le baclofène est un médicament prescrit depuis les années 1970 comme relaxant musculaire, mais dont l'usage a peu à peu été détourné vers le traitement de l'alcoolisme. L'utilisation du baclofène pour lutter contre l'alcoolisme a explosé en 2008 avec la parution du livre "Le dernier verre" d'Olivier Ameisen. Ce cardiologue, décédé depuis, racontait dans son ouvrage comment ce médicament avait supprimé son envie de boire.Depuis 2014, il était autorisé pour cet usage grâce à une recommandation temporaire d'utilisation (RTU), désormais remplacée par l'autorisation de mise sur le marché (AMM).

"Au regard des données disponibles, dont l'expérience clinique rapportée par les différents acteurs concernés, et compte-tenu du problème de santé publique majeur que représente l'alcoolisme", l'ANSM a penché en faveur du baclofène dont l'efficacité est jugée sans équivalent par ses partisans. Le médicament comporte toutefois des risques pour le patient à haute dose, c'est la raison pour laquelle l'ANSM avait abaissé l'an passé la dose maximale recommandée (de 300 à 80 mg). Celle-ci reste inchangée. 

La décision d'accorder l'autorisation de mise sur le marché "n'est pas un blanc-seing", a prévenu le directeur général de l'ANSM, Dominique Martin, selon qui "ce médicament n'est pas anodin et doit être manié avec beaucoup de précautions". "Nous allons exercer une surveillance extrêmement attentive de ce produit dès qu'il sera commercialisé", a-t-il poursuivi, en précisant qu'il pourrait "y avoir différentes évolutions". 

"Inversement, si des études à venir montrent que dans certaines situations, il peut être utile de dépasser 80 mg/jour, nous sommes ouverts à faire évoluer l'AMM" en augmentant la dose maximale autorisé, a-t-il ajouté.

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