Alcool au volant : l'éthylotest anti-démarrage bientôt testé

Alcool au volant : l'éthylotest anti-démarrage bientôt testé
Un système d'anti-démarrage par éthylotest électronique le 20 août 2015 à Paris (photo d'illustration).

, publié le mercredi 23 novembre 2016 à 14h12

À partir du 1er décembre, les préfectures de 3 départements - La Marne (51), le Nord (59) et la Drôme (26) - vont pouvoir restituer des permis temporaires à des personnes souffrant d'alcoolisme, si elles estiment que ces conducteurs ne constituent plus un danger immédiat. Ils devront cependant installer un système d'anti-démarrage par éthylotest électronique et suivre un stage dans un établissement spécialisé en addictologie.

L'arrêté publié mardi au Journal Officiel permettra à une commission médicale d'une préfecture de donner un avis favorable à la restitution d'un permis de conduire si l'automobiliste fait installer "volontairement, et à ses frais, un dispositif homologué d'antidémarrage électronique" dans son véhicule.

Il devra également "accepter un suivi médico-psychologique dans un établissement spécialisé en addictologie", détaille la Sécurité routière.



L'automobiliste obtiendra alors un permis de conduire temporaire portant mention de l'obligation d'EAD. Avant de démarrer son véhicule, le conducteur devra souffler dans un éthylotest couplé au système de démarrage qui se bloquera s'il présente une alcoolémie supérieure à 0,25 mg/litre d'air expiré (0,1 mg/l pour les personnes qui ont un permis probatoire).

ÉTENDU À TOUT LE TERRITOIRE EN 2019 ?

Cette expérimentation, décidée lors du Comité interministériel de sécurité routière d'octobre 2015, sera "évaluée en vue d'une extension à l'ensemble du territoire national à partir du 1er janvier 2019", indique la Sécurité routière. "Par la mise en place de cette nouvelle disposition, le gouvernement entend lutter efficacement contre la récidive de conduite sous l'emprise de l'alcool, tout en permettant, notamment en vue de l'exercice d'une activité professionnelle, la conduite à certains usagers sans risque pour les autres", ajoute-t-elle.


Le recours aux éthylotests antidémarrage (EAD) n'était possible jusqu'à présent que dans un cadre judiciaire, pour une composition pénale ou une peine complémentaire ou alternative à la prison suite à une condamnation. Depuis la récente loi sur la Justice du XXIe siècle, il peut également être prescrit dans le cadre de contrôles judiciaires ou de sursis avec mise à l'épreuve. Les EAD sont obligatoires sur les autocars depuis le 1er septembre 2015.

Pour les particuliers, le dispositif a notamment été testé en Haute-Savoie entre 2004 et 2011. Sur 400 personnes condamnées pour délit alcoolique (plus de 0,8g/l de sang) ayant accepté d'installer un EAD tout en suivant un accompagnement psychologique voire médical, "la récidive a chuté des trois-quarts", indiquait en août 2015 à l'AFP le docteur Charles Mercier-Guyon, qui encadrait le suivi psychologique.

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