Airbus : le plan social prévoit plus de 3.500 suppressions de postes à Toulouse

Airbus : le plan social prévoit plus de 3.500 suppressions de postes à Toulouse
(Photo d'illustration)
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, publié le jeudi 02 juillet 2020 à 14h22

Deux jours après l'annonce du vaste plan social de l'avionneur européen, FO a rappelé que l'objectif des syndicats restait "zéro licenciement sec". 

Fragilisé par la crise liée à l'épidémie de Covid-19, l'avionneur européen a annoncé mardi 30 juin la suppression d'environ 15.000 postes, soit 11% de ses effectifs, dont le tiers en France. Ce jeudi, ce plan social se précise avec la suppression annoncée d'un peu plus de 3.500 postes à Toulouse,  dont 2.398 à la production, 980 au siège et plus de 200 dans des filiales de la ville, a indiqué à la presse le responsable syndical FO Jean-François Knepper. 




Pour la production, 386 postes sont aussi visés à Saint-Nazaire et 484 à Nantes.

La filiale Stelia, implantée à Rochefort, Mérignac, Méaulte et Saint-Nazaire, doit aussi perdre plusieurs centaines de postes, a précisé M. Knepper, rendant compte de l'information communiquée aux syndicats par la direction du groupe.

"Nous allons vers un cataclysme social à l'automne", a mis en garde M. Knepper, dont le syndicat est le premier de l'avionneur. "Comment l'Etat peut-il accepter autant de licenciements?", a-t-il demandé. Les syndicats vont "maintenant s'asseoir à la table des négociations (...) On commence lundi matin et on est parti pour quatre mois", a-t-il prévenu.

M. Knepper a rappelé que l'objectif des syndicats, qui estiment que la crise est conjoncturelle, reste "zéro licenciement sec". Toulouse, où Airbus et ses filiales emploient près de 30.000 salariés, "est la capitale de l'aéronautique, quand l'orage arrive, Toulouse est plus mouillée que les autres" mais "ce n'est pas une raison pour justifier tout et n'importe quoi", a-t-il ajouté. 

A l'annonce du plan social d'Airbus, le ministre de l'Economie Bruno Le Maire avait jugé son ampleur "excessive". "Nous attendons d'Airbus qu'il utilise pleinement les instruments mis en place par le gouvernement pour réduire le nombre de suppressions", avait prévenu Bercy dans un communiqué.

Au moins 1.500 emplois sauvés

Sur Franceinfo, mercredi, Thierry Baril, le directeur des ressources humaines d'Airbus a annoncé qu'environ 1.500 postes pourraient être sauvés en France. "On aura sans doute les moyens de réduire ce chiffre au travers du dispositif sur lequel l'Etat nous aide, notamment grâce au dispositif de chômage partiel de longue durée", a indiqué Thierry Baril.

Les dispositifs d'aide de l'Etat devraient permettre de "sauver" 2.000 emplois, a pour sa part avancé mercredi le secrétaire d'Etat aux Transports Jean-Baptiste Djebbari, en comptant l'investissement dans la nouvelle génération d'avions verts. 

Il a en revanche estimé que les licenciements secs ne pourraient pas forcément être évités. "Je ne sais pas dire comment les Français et les Européens vont revoyager, s'ils vont revoyager loin, si la clientèle d'affaires va revenir dans les avions. Je ne sais pas prévoir les carnets de commandes des avions", a-t-il expliqué sur BFMTV, précisant que le retour à la normale n'était pas prévu avant deux à trois ans et que l'avionneur européen aura "une période très difficile à vivre". "La responsabilité politique, c'est de ne pas faire de promesse que d'aucuns ne sauraient réellement tenir", a-t-il martelé.

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