Air France envisage "un retour à une activité normale" après 2022

Air France envisage "un retour à une activité normale" après 2022
(Photo d'illustration) Des avions de la compagnie aérienne Air France sur le tarmac de Roissy.

publié le samedi 25 avril 2020 à 18h02

Le PDG de la compagnie aérienne Benjamin Smith assure toutefois que les prêts accordés vont permettre de "passer la période la plus difficile".


"Cette crise doit pouvoir donner l'occasion à Air France de se réformer", a déclaré Benjamin Smith dans une interview publiée par Les Echos. Ainsi, le PDG d'Air France affirme vouloir "accélérer" la transformation de la compagnie. Les Etats français et néerlandais ont promis des aides massives pour sauver Air France-KLM, avec une dizaine de milliards d'euros de prêts directs ou bancaires.


Pour Air France, ces prêts se décomposeront en 4 milliards de prêts bancaires garantis à 90% par l'Etat et 3 milliards de prêt direct de l'Etat, "une marque de confiance exceptionnelle dans notre avenir", a déclaré Ben Smith. Interrogé sur d'éventuelles demandes environnementales liées à cette aide, il a souligné que la compagnie avait déjà "l'ambition de réduire de 50 % ses émissions de CO2 à l'horizon 2030".

Sur le plan de l'emploi, selon Ben Smith, "le gouvernement (français) n'a pas fait de demande spécifique, mais il a clairement souligné que cet effort financier est fait avant tout pour soutenir les salariés d'Air France."


"Grâce à ce soutien (de l'Etat), nous avons les moyens de passer la période la plus difficile des prochains mois, durant laquelle nos liquidités risquaient d'atteindre un niveau critique, et de continuer à opérer pendant 12 à 18 mois", explique le dirigeant. Ben Smith rappelle que l'activité d'Air France ne représente actuellement "plus que 2% à 3% du programme normal d'un mois d'avril" et estime que le retour à la normale n'interviendra "pas avant deux ans, peut-être même un peu plus".

"Cela dépendra de la réouverture des frontières, mais aussi du temps qu'il faudra à nos clients pour revenir dans les avions", explique-t-il. Benjamin Smith veut "faire de cette crise l'occasion de faire les réformes structurelles que certains de nos concurrents ont déjà réalisées". Il assure que les objectifs du plan de transformation lancé en novembre dernier ne changent pas mais entend "accélérer sa mise en oeuvre dans deux domaines: la rationalisation du réseau domestique, qui a encore généré 200 millions d'euros de pertes l'an dernier, et la restructuration des fonctions support non opérationnelles".

"Nous ferons en sorte que l'impact social soit aussi réduit que possible", assure-t-il, en précisant que concernant le réseau intérieur français, "les détails des mesures seront arrêtés cet été". Enfin, le PDG d'Air France a assuré que "l'un des points les plus importants (...) est la compétitivité de l'aéroport de Roissy-CDG", et averti qu'il n'était pas"pas question" de quitter Orly.

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