Air France : des syndicalistes accusés d'une vaste tricherie sur les congés

Air France : des syndicalistes accusés d'une vaste tricherie sur les congés
Des syndicalistes de la filiale d'Air France, Hop!, sont accusés d'avoir fait passer des jours de congés en jours de délégations syndicales, rapporte Le Parisien le 4 mars 2017. (photo d'illustration)
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Orange avec AFP, publié le samedi 04 mars 2017 à 11h20

AVIATION - Le système mis en place par une partie des responsables syndicaux de la filiale HOP! aurait coûté 5 millions d'euros par an à la compagnie aérienne.

Une quinzaine de pilotes syndicalistes de la filiale d'Air France, Hop!, sont accusés d'avoir profité pendant des années d'un système qui leur permettait de faire passer des jours de congé en heures de délégations syndicales, rapporte samedi 4 mars Le Parisien. Ils ont été convoqués devant le conseil de discipline de leur syndicat, le Syndicat national des pilotes de ligne (SNPL), qui a délibéré jeudi et vendredi.



Les heures de délégations syndicales, pendant lesquelles les pilotes impliqués étaient en fait en repos, sont considérées comme des heures de travail et sont donc rémunérées par l'entreprise.

Grâce à ce système, les pilotes faisaient exploser leur salaire mensuel. En effet, ils sont payés en heures supplémentaires au-delà de 18 jours de vols chaque mois. Ainsi, certains syndicalistes se sont octroyés jusqu'à 12 jours de rémunération supplémentaires par mois, sans effectuer de vols, explique Le Parisien. La gestion du dossier par la direction est pointée du doigt par les instances du SNPL qui s'étonnent qu'elle ait laissé les irrégularités se poursuivre. Car la situation allait à l'encontre de la réglementation internationale, qui veut qu'un pilote prenne obligatoirement des jours de repos. Avec le système mis en place, les pilotes, qui devaient prendre au moins 10 jours de repos par mois, dérogeaient officiellement à cette règle sans être inquiétés par la hiérarchie.

Des bruits de couloir sur ce système avaient commencé à courir en 2016, quand trois filiales d'Air France -Brit Air, Airlinair et Regional- avaient fusionné pour former Hop!. "Des pilotes de Regional se vantaient de gagner 6.000 euros de plus par mois. Les collègues ne comprenaient pas comment, puis au bout de six mois, ils ont compris", témoigne un pilote cité par Le Parisien.

JUSQU'À 6.000 EUROS DE PLUS PAR MOIS

Les instances du SNPL, alertées, ont commandé un rapport, que Le Parisien s'est procuré. "Cette situation est particulièrement grave et dangereuse", pointe le document, qui estime que les faits incriminés relèvent de la mise en danger d'autrui en bande organisée. Cependant, le syndicat met directement en cause la direction de l'entreprise. "Je note que la direction de Hop! fait de surcroît le choix de cacher cette violation du repos réglementaire en masquant les jours de délégation (...), accuse le rapport. Cette pratique démontre si besoin que la direction de Hop ! a parfaitement conscience de la situation d'irrégularité dans laquelle elle se trouve".

Le système aurait coûté 5 millions d'euros par an à la compagnie, qui estime que la situation découle d'une "souplesse" accordée aux élus du personnel. Elle reconnaît toutefois que le système a "peut-être été un peu dévoyé". Interrogé par Le Parisien, le président du SNPL de Hop! et l'un des pilotes mis en cause, Armand Simon, rejette la faute sur l'entreprise. D'après lui, c'est la direction qui a "imposé" le système. "Cette affaire est montée de toutes pièces pour porter un coup à mon syndicat", assure-t-il. "Je ne gagne pas plus que mes collègues. Il y a des mois où je touche plus et d'autres où je touche moins", déclare-t-il, tout en affirmant que les jours de repos ont été respectés.

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