Aide perçue à tort par des milliers de chômeurs : le gouvernement appelé à ne pas demander de remboursement

Aide perçue à tort par des milliers de chômeurs : le gouvernement appelé à ne pas demander de remboursement
Une agence Pôle emploi à Marseille.

publié le mardi 23 février 2021 à 18h00

La décision de demander ou non le remboursement des trop-perçus n'est pas du ressort de Pôle emploi, qui verse automatiquement l'aide aux demandeurs d'emploi remplissant les critères, mais de celui de l'exécutif.

Alors que quelques 40.000 demandeurs d'emploi, selon la CFDT, auraient perçu à tort une aide destinée aux travailleurs précaires, le syndicat appelle le gouvernement à ne pas demander de remboursement des trop-perçus. Une demande également effectuée par FO qui souligne que "la situation de ces demandeurs d'emploi est déjà dramatique, il serait particulièrement malvenu de les accabler encore davantage". 



Dans une lettre ouverte au directeur général de Pôle emploi, Jean Bassères, la CFDT, premier syndicat de l'opérateur public, indique que "depuis plusieurs jours, les agents de Pôle emploi tentent de pallier les dysfonctionnements" dans l'attribution de l'aide exceptionnelle destinée aux travailleurs précaires qui doit leur garantir un revenu mensuel de 900 euros net. Cette aide avait été annoncée en novembre pour les demandeurs d'emploi ayant alterné des périodes d'emploi et de chômage en 2019.

"Malgré les alertes des conseillers indemnisation sur les risques de versements erronés, il s'avère que 40.000 demandeurs d'emploi auraient finalement perçu à tort tout ou partie de cette prime de 900 euros", poursuit le syndicat, qui indique aussi que "d'autres ne l'ont pas perçu alors qu'ils peuvent y prétendre". "La direction de certaines régions demande aux conseillers de récupérer les sommes versées par erreur", ajoute la CFDT, qui demande "solennellement de ne pas procéder au rattrapage de ces trop-perçus" auprès d'"usagers qui rencontrent déjà des difficultés financières importantes".

Dans un communiqué, Force ouvrière relève également que "beaucoup d'erreurs" ont été commises depuis le versement de la prime et "en appelle à la clémence de la ministre du Travail afin que soient abandonnées les procédures en cours pour les trop-perçus", la décision de demander ou non le remboursement des trop-perçus n'étant pas du ressort de Pôle emploi mais de celui de l'exécutif. "La situation de ces demandeurs d'emploi est déjà dramatique, il serait particulièrement malvenu de les accabler encore davantage", souligne le syndicat. 

Sollicité par l'AFP, Pôle emploi qui verse automatiquement l'aide aux demandeurs d'emploi remplissant les critères fixés par un décret du 30 décembre, ne confirme pas le chiffre de 40.000 demandeurs d'emploi concernés. L'organisation souligne que certains dossiers envisagés comme des trop-perçus peuvent encore être considérés comme éligibles après vérification. Elle indique en outre que compte tenu du nombre d'aides versées qui correspond à plus de 400.000 demandeurs d'emploi, le nombre de trop perçus est "relativement mineur". 

La semaine dernière, la ministre du Travail, Elisabeth Borne, a annoncé la prolongation de cette aide pour trois mois supplémentaires jusqu'à fin mai.
 

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