Agressions et violences sexuelles : une amère 36e cérémonie des Victoires de la musique

Agressions et violences sexuelles : une amère 36e cérémonie des Victoires de la musique©Panoramic

, publié le vendredi 12 février 2021 à 10h29

L'événement se tient ce vendredi 12 février dans un contexte particulier. Comme le souligne notamment Le Parisien, le monde du disque est secoué par la révélation de plusieurs affaires d'agressions et de violences sexuelles.

Les 36es Victoires de la musique, organisées ce vendredi 12 février à la Seine musicale de Boulogne-Billancourt, resteront à jamais une édition à part dans l'histoire de la cérémonie.

Pas seulement parce que la remise de prix va se dérouler à huis clos, Covid-19 oblige. Mais également parce que ces derniers mois ont été marqués par une libération de la parole dans l'industrie du disque.



Comme le souligne Le Parisien, de nombreuses affaires d'agressions et de violences sexuelles ont été révélées. La dernière en date ?  La chanteuse Pomme, jeudi 11 février, à la veille de la cérémonie. Dans une lettre ouverte publiée sur le site de Mediapart, l'artiste s'est confiée sur les abus dont elle a été victime au moment de ses premiers pas dans le monde de la musique. "De mes 15 à mes 17 ans, j'ai été manipulée, harcelée moralement et sexuellement, sans en avoir conscience à cette époque évidemment", écrit-elle, faisant référence à "un adulte de 30 ans". "Mon arrivée dans l'industrie de la musique a été traumatisante."

Le collectif MusicToo

Depuis un moment, Pomme porte sur scène le badge d'un collectif qui a largement secoué le monde du disque : MusicToo. Ce collectif réunit des salariés et des anciens de l'industrie de la musique. "Les choses ne bougeant pas, nous avons décidé de (...) nommer les agresseurs afin que l'impunité qui règne depuis des décennies cesse et que les jeunes sachent à qui ils ont affaire si les agresseurs changent de boîte. Tout en faisant attention à la diffamation", détaille un manager d'artiste, membre de MusicToo, au Parisien.

En octobre 2020, le mouvement annonçait avoir recueilli pas moins de 277 témoignages dans le monde de la musique. L'an passé, l'omerta a été brisée :  le chanteur Spleen, le rappeur Rétro X et le parolier Yohann Malory ont été accusés d'agressions sexuelles et de viols, sans oublier le rappeur Moha La Squale, dénoncé sur les réseaux sociaux pour des faits graves.

Oser "mettre en cause des individus célèbres"

Des hashtags, comme #BalanceTonMajor ou #BalanceTonDJ, ont récemment fait leur apparition sur les réseaux sociaux afin de libérer la parole des artistes victimes d'agressions et de violences sexuelles. Des cadres de très gros majors, comme Warner, Sony et Universal, ont notamment été mis en cause, sans être nommés. Une plateforme, Diva, a aussi été créée pour dénoncer le sexisme dans la musique. "Ce sont les victimes d'artistes agresseurs qui ont permis de mettre en lumière ce qui se passe dans les coulisses de cette industrie en osant mettre en cause des individus célèbres", a affirmé Lola Levent, la fondatrice de la plateforme, à franceinfo.

Pas à pas, le monde de la musique opère son examen de conscience, comme le cinéma a pu le faire avant lui. Et, presque un an après le coup de sang d'Adèle Haenel à la cérémonie des Césars 2020, qui avait été marquée par la polémique autour de Roman Polanski, accusé de viol, les 36es Victoires de la musique vont se dérouler dans une ambiance singulière, ce vendredi soir.

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