Agression sexuelle : une ex-assistante parlementaire porte plainte contre un député LREM

Agression sexuelle : une ex-assistante parlementaire porte plainte contre un député LREM

L'Assemblée nationale lors d'un discours du chef de groupe de La République en marche Richard Ferrand, le 4 juillet 2017.

A lire aussi

Orange avec AFP, publié le samedi 21 octobre 2017 à 07h16

France info publie vendredi 20 octobre le témoignage de l'ex-assistante parlementaire de Christophe Arend, député La République en marche de Moselle. La jeune femme de 29 ans a porté plainte contre l'élu pour "harcèlement sexuel" et "agression sexuelle".

En avril, elle avait rejoint le mouvement du candidat Macron, attirée par "un nouveau parti" dont "l'aspect start-up" la séduit, raconte France Info. Cette cheffe d'entreprise fait alors la connaissance de Christophe Arend, 42 ans, animateur du comité de Forbach d'En Marche. La collaboration entre les deux s'intensifie lors de la campagne pour les législatives : "Il s'est vite rendu compte que j'avais plein de compétences, j'ai fait un master en sciences politiques et philosophie politique au Canada. Il s'est dit qu'il pouvait me donner de plus en plus de responsabilités jusqu'au moment où il m'a demandé d'être sa directrice de campagne".



Immédiatement, certains gestes du candidat l'interpellent : "C'est quelqu'un qui a tout de suite été très tactile, par exemple à vouloir me serrer dans les bras ou à me masser les épaules. J'ai eu tout de suite l'impression qu'il était intéressé dans le sens sexuel et émotionnel". Elle se souvient également des remarques sur son physique comme "t'as de belles fesses", ou "il te va bien ce pantalon". "Humiliée", la jeune femme "se sent devenir une chose". Les remarques désagréables se font de plus en plus fréquentes. Elle raconte comment un soir, alors que la campagne battait son plein, Christophe Arend la plaque contre un mur lors d'une soirée de travail et essaie de l'embrasser. Elle reste pourtant l'un des piliers de son équipe : "on a du mal à faire la part des choses" et elle espère que leurs relations se normaliseront à l'issue des élections. "Il allait peut-être devenir député et je pensais que nos rapports deviendraient beaucoup plus professionnels au moment où il y aurait un contrat de travail. Je pensais que je serais davantage protégée", confie-t-elle à France Info.

L'AFFAIRE WEINSTEIN, UN DÉCLIC

Le marcheur arrache la sixième circonscription de Moselle à Florian Philippot. À Paris à la fin du mois de juin, dans un logement de location, le député aurait pincé les seins de sa collaboratrice. "Je me suis mise à le haïr à ce moment-là." Le député veut partager une chambre avec elle, elle refuse. Il comprend qu'il ne parviendra pas à ses fins et serait devenu de plus en plus agressif, selon la jeune femme. Les remarques sexistes continuent, il aurait essayé de dégrafer son soutien-gorge et lui aurait introduit un doigt dans la bouche mimant une fellation. Elle craque en juillet et reprend son entreprise. L'affaire Weinstein la décide à porter plainte, ajoute France Info.



"Je n'ai rien à me reprocher, il s'agit de calomnies, je n'en dirai pas plus", a déclaré Christophe Arend, interrogé par France 3 Grand Est. Il a porté plainte à son tour pour dénonciation calomnieuse.

"De telles accusations sont graves et entachent considérablement l'honneur et la dignité de Monsieur Christophe Arend", a affirmé par la suite son avocate rapporte l'AFP, en assurant que l'élu avait "confiance dans la justice de son pays, qui saura établir la vérité sur les faits qui lui sont reprochés".

LES DÉPUTÉS LREM "PRENNENT ACTE"

L'ancien frontiste Florian Philippot, adversaire malheureux de Christophe Arend lors des législatives de juin, a dit vouloir que "toute la lumière soit faite" dans ce dossier.



"Les député.e.s du groupe La République en marche prennent acte des graves accusations portées à l'encontre de Christophe Arend, a pour sa part commenté le groupe parlementaire. Toute forme de violence et de harcèlement est intolérable. Il appartient à la justice et à elle seule de faire la lumière."

Le président de l'Assemblée nationale, François de Rugy, a rappelé, vendredi soir, qu'il existait à la chambre basse "un référent permettant aux collaborateurs de députés d'évoquer des situations de harcèlement ou des comportements inappropriés". "Les députés mis en cause ne sauraient bénéficier d'aucun statut particulier : ils ne pourront faire obstacle à la justice et doivent bénéficier de la présomption d'innocence", a-t-il ajouté.
 
62 commentaires - Agression sexuelle : une ex-assistante parlementaire porte plainte contre un député LREM
  • avatar
    [=pseudo.pseudo] -

    [=reaction.title]

    [=reaction.text]

avatar
[=pseudo.pseudo] -

[=reaction.text]