Agression sexuelle : le prêtre qui s'est suicidé avait "avoué une conduite inconvenante" à l'archevêque de Rouen

Agression sexuelle : le prêtre qui s'est suicidé avait "avoué une conduite inconvenante" à l'archevêque de Rouen
Dominique Lebrun à Rouen, le 20 septembre 2018.

Orange avec AFP, publié le jeudi 20 septembre 2018 à 18h24

L'archevêque a estimé que le prêtre avait commis une faute morale.

Jean-Baptiste Sèbe avait reconnu lundi avoir eu "une conduite inconvenante" avec une jeune fille, avant de se suicider mardi, a déclaré jeudi 20 septembre l'archevêque de Rouen, Dominique Lebrun, lors d'une conférence de presse. Le prélat a estimé qu'il s'agissait là d'une "faute morale" de l'ecclésiastique.

Jean-Baptiste Sèbe, 38 ans, s'est donné la mort dans les combles de l'église Saint-Romain à Rouen. Il faisait l'objet d'une dénonciation de la part d'une femme l'accusant de comportements indécents et d'agression sexuelle sur sa fille majeure, selon le parquet de Rouen et une source policière. "À ce stade, aucune plainte n'a été déposée", avait précisé mercredi à l'AFP Étienne Thieffry, procureur de la République adjoint à Rouen.


"Parmi les éléments de l'enquête, il y a cette plainte à l'autorité diocésaine d'une maman disant que sa fille lui avait dit que le père Jean-Baptiste Sèbe a eu, il y a deux ou trois ans, des gestes inappropriés envers sa fille qui était majeure à l'époque des faits allégués", a détaillé jeudi l'archevêque de Rouen.

Il avait convoqué le prêtre lundi dernier pour s'expliquer. "Il a avoué une conduite inconvenante à l'égard de cette jeune fille. Nous avons échangé et convenu ensemble qu'il s'agissait d'imprudence dans la relation avec cette femme comme cela arrive à un certain nombre d'hommes ou de femmes" a-t-il poursuivi indiquant "qu'il n'y avait pas eu, par la suite, d'autres rencontres avec cette fille".


"Je me confesse tous les mois", a précisé l'archevêque. "Moi aussi il m'arrive de mentir, moi aussi, parfois je désire la femme d'autrui. Je suis archevêque de Rouen mais je ne suis qu'un homme".

"Il faut rester prudent sur la qualification des faits, a-t-il encore dit, cité par Le Parisien. Le procureur lui-même ne les a pas qualifiés. Pour moi, c'est une faute morale. Invité à préciser la nature de ce que revêtait la "faute morale" du prêtre, l'archevêque a précisé vouloir rester "dans une réserve sur la description des gestes", tout en affirmant "que ça peut être une agression sexuelle". Mais selon lui "aucun signe ne pouvait laisser prévoir un tel geste de la part du père Jean-Baptiste Sèbe", en faisant référence à son suicide.

Interrogé pour savoir s'il avait saisi l'autorité judiciaire après avoir recueilli les aveux du prêtre, "C'était une majeure. Il n'y avait pas d'obligation de signalement", a-t-il expliqué. "Le vicaire général avait invité la plaignante à porter plainte si elle considérait que c'était une agression", a-t-il ajouté. Elle n'avait pas déposé plainte.

Jean-Baptiste Sèbe, ordonné prêtre en 2005, Strasbourgeois d'origine, était curé de la  paroisse Saint-Jean XXIII de Rouen Nord. Il était aussi directeur du centre théologique universitaire et du service de formation permanente, d'après le site internet du diocèse de Rouen.

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