Agression à Gennevilliers : "Ce n'est pas pour la jupe", selon la suspecte

Agression à Gennevilliers : "Ce n'est pas pour la jupe", selon la suspecte

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Orange avec AFP, publié le samedi 23 avril 2016 à 12h30

La scène s'est déroulée le lundi 18 avril à un arrêt de tramway de la ligne T1 à Gennevilliers (Hauts-de-Seine). Une adolescente de 16 ans est rouée de coups par trois autres filles à la descente du train.

L'objet du délit selon "Le Parisien" qui rapporte l'affaire : la longueur de la jupe.

Le quotidien, qui renomme l'adolescente Nadia pour préserver son anonymat, relate que la victime, qui est tombée quelques heures dans le coma, a été violemment tirée par les cheveux pour être sortie du tram à l'arrêt "Le Village". S'ensuivent insultes et coups de poing et de pieds. Un ultime coup de genou la met totalement KO. Des passants font fuir les trois agresseuses et appellent les secours, tandis que l'un d'entre eux filme la scène du trottoir en face.



La victime, se réveille à l'hôpital, où on lui délivre une ITT de quatre jours. Elle porte plainte. Plus tard dans la journée, deux des trois membres du trio, apprenant l'hospitalisation de leur victime, se rendent au commissariat. La plus violente des trois, qui est aussi la plus grande bien visible sur la vidéo, est placée en garde à vue. Elle doit comparaître le 17 mai mais s'est déjà exprimée dans plusieurs médias pour démentir la version avancée par "Le Parisien".

Elle assure que l'altercation n'est pas due à la tenue vestimentaire : "Franchement, ça me fait mal au cœur de croire que je frappe une fille pour une jupe", a-t-elle assuré samedi au micro de "RTL". "Non, on s'est battues, c'est une dispute qui a dégénéré. Et encore une fois ce n'est pas pour la jupe, c'est parti d'une petite histoire. Même moi je sors en jupe, je sors en short, ça ne me dérange pas, je vais en soirée. Je ne vois pas pourquoi je frapperais une fille qui est en jupe".



L'animatrice, âgée de 19 ans, "regrette" son geste et se défend également d'avoir porté le premier coup : "Sur la vidéo, on ne voit pas le début, elle aussi a été violente, elle a mis le premier coup et de là, on a commencé à se battre". Elle encourt aujourd'hui jusqu'à trois ans d'emprisonnement et 45.000 euros d'amende.

Le maire PC de Gennevilliers, Patrice Leclerc, a réagi à cette agression dans les colonnes du "Parisien" : "Rien ne justifie une telle violence, martèle Patrice Leclerc. Si aucune motivation, autre que le désaccord avec la tenue vestimentaire, n'a été proférée, nous tenons à réaffirmer qu'aucun motif ne peut limiter la liberté individuelle et collective des femmes à se vêtir comme elles le souhaitent. Nous n'accepterons aucune tentative d'imposer un modèle quel qu'il soit à qui que ce soit. Aucune pression morale ou physique ne sera tolérée dans notre ville à l'encontre de la liberté des femmes. Nous souhaitons que la justice punisse sévèrement des tels agissements."
 
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