Agressée pour sa jupe : l'étudiante "abasourdie" par les doutes sur ses déclarations

Agressée pour sa jupe : l'étudiante "abasourdie" par les doutes sur ses déclarations
Un brassard de police (photo d'illustration).

publié le dimanche 11 octobre 2020 à 19h40

Depuis les fuites sur les difficultés des enquêteurs à corroborer ses déclarations, l'étudiante strasbourgeoise qui assure avoir été agressée pour avoir porté une jupe est harcelée sur les réseaux sociaux.

Elle "maintient" toutes ses déclarations. Par la voix de son avocate, l'étudiante strasbourgeoise qui assure avoir été agressée au motif qu'elle portait une jupe entend contre-attaquer.

En cause, les "fuites" sur les difficultés des enquêteurs à corroborer ses déclarations, a déclaré dimanche 11 octobre à l'AFP son avocate.


"Elisabeth est complètement abasourdie par le fait qu'on puisse dire qu'elle a menti", a indiqué Me Pascale Millet. "Elle est anéantie" par le "lynchage" qu'elle vit sur les réseaux sociaux où les menaces de mort côtoient les insultes, s'est indignée l'avocate. "Elisabeth a été offerte à la vindicte populaire (...) J'ai l'impression qu'on repart 20 ans en arrière et qu'on veut absolument trouver des reproches à faire à une victime", a-t-elle poursuivi.

Selon Me Millet, ce harcèlement a débuté après la publication mercredi d'informations selon lesquelles l'enquête "piétine", notamment en raison de déclarations évasives de la jeune femme et de l'exploitation de bandes de vidéosurveillance sur lesquelles ni elle, ni ses présumés agresseurs, ni l'agression n'apparaissent.

Selon Me Millet, les déclarations de sa cliente n'ont au contraire rien d'évasives : "elle a toujours dit la même chose, qu'elle a été agressée sous une passerelle" le vendredi 18 septembre en début d'après-midi quai des Alpes, un endroit passant en lisière du centre-ville mais "où il n'y a pas de caméra".

Des réponses aux zones d'ombre

L'avocate a également balayé une autre zone d'ombre : le téléphone mobile de la jeune femme aurait borné chez elle au moment de l'agression alors qu'elle disait l'avoir en main. Or, "cette borne couvre aussi bien le lieu de l'agression que son domicile", affirme Me Millet.

L'avocate souligne encore que sa cliente, qui "se tient à la disposition de la police", est "d'accord" pour être entendue une troisième fois par les enquêteurs et qu'elle "maintient" toutes ses déclarations antérieures.

Quant à ses liens avec le groupe Stras Défense - collectif qui se présente comme apolitique et dit lutter contre le harcèlement de rue -, ils n'ont rien de politique, selon elle. L'étudiante le suivait depuis l'été et en est devenue modératrice après son agression, précise l'avocate qui insiste, "elle n'a aucun discours politique".

L'affaire avait éclaté le 22 septembre : dans une vidéo diffusée sur le site de France Bleu Alsace, Élisabeth, l'oeil droit tuméfié, affirmait avoir été insultée et frappée quatre jours auparavant par trois jeunes hommes lui reprochant de porter une jupe. Le trio avait ensuite pris la fuite, selon elle, tandis qu'une quinzaine de personnes avaient assisté à la scène, sans réagir.

L'agression avait provoqué un tollé et la ministre déléguée chargée de la Citoyenneté, Marlène Schiappa, était venue le lendemain à Strasbourg. Elle aussi a appelé vendredi sur BFMTV à cesser "de lyncher" l'étudiante sur les réseaux sociaux.
 

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