Agnès Saal de retour au ministère de la Culture

Agnès Saal de retour au ministère de la Culture

Agnès Saal dans son bureau de l'INA en 2014 (archive).

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Orange avec AFP, publié le lundi 04 juillet 2016 à 14h20

- Exclue de la fonction publique pendant six mois, l'ancienne présidente de l'INA, doublement condamnée pour ses frais de taxis, fait son retour au ministère de la Culture. -

Agnès Saal peut de nouveau prétendre à un emploi public.

L'ancienne présidente de l'Institut national de l'audiovisuel (INA), épinglée pour ses frais exorbitants de taxi, a fait son retour au ministère de la Culture ce lundi 4 juillet, après six mois d'exclusion, écrit le journal Le Monde. En janvier dernier, un décret présidentiel l'avait exclue de la fonction publique pour deux ans, dont dix-huit mois avec sursis.



"Elle s'est remise dans les clous", a déclaré au Monde le ministère de la Culture, qui s'est chargé de lui trouver une nouvelle affectation. Agnès Saal sera ainsi chargée d'une mission rattachée au secrétariat général du ministère, consistant à piloter la double démarche de labellisation "égalité professionnelle" et "diversité", écrit le quotidien. "C'est une mission plutôt cohérente avec ses engagements antérieurs", explique le ministère, qui considère la tâche comme "importante".

DOUBLEMENT CONDAMNÉE DANS L'AFFAIRE DES FRAIS DE TAXIS

"L'affaire" Agnès Saal avait éclaté en avril 2015, quand un "corbeau" avait dénoncé au conseil d'administration de l'INA les dépenses de la dirigeante. Moins de 48 heures plus tard, Agnès Saal démissionnait, à la demande de la ministre de la Culture d'alors, Fleur Pellerin. Au total, ce sont environ 40.000 euros qui ont été dépensés lorsqu'elle était à la tête de l'INA et du centre Pompidou, pour lesquels elle a été condamnée en avril dernier dans deux procédures de "plaider coupable".

Le 11 avril dernier à Créteil, Agnès Saal a été jugée pour "détournement de fonds public par personne chargée d'une mission de service public" et condamnée à 4.500 euros d'amende pour 23.788,46 euros de notes de taxi émises entre mai 2014 et avril 2015, alors qu'elle était à la tête de l'INA, soit 685 courses dont plus de la moitié a bénéficié à sa famille.

Puis, elle a été condamnée le 15 avril à Paris à trois mois de prison avec sursis et 3.000 euros d'amende pour de frais de taxis de 23.851,10 euros établis entre janvier 2013 et avril 2014 lorsqu'elle était directrice générale du Centre Georges-Pompidou.

Le remboursement de tous ces frais a déjà été effectué ou est en cours, avait alors assuré l'un de ses avocats, Me Eric Morain.

"SYMBOLE D'UNE TRAHISON DES ÉLITES"

Silencieuse pendant huit mois après sa mise en cause et sa démission, Agnès Saal s'était exprimée en janvier dernier dans Le Monde, déclarant assumer et regretter ses actes. "La faute, je l'ai commise. Il ne s'agit ni de la nier, ni de la sous-estimer, ni de tenter de me disculper ou de trouver des circonstances atténuantes. Je n'ai pas l'intention de former un recours. J'assume cette faute, je la regrette à un point infini, j'y pense jour et nuit depuis huit mois", avait-elle assuré.

Face à la tempête médiatique qu'elle a suscitée, elle avait expliqué comprendre l'indignation tout en s'estimant être devenue un "symbole d'une trahison des élites". "Je comprends bien sûr cette indignation face à un montant qui, donné comme ça, peut paraître exorbitant. L'affaire est tombée à un très mauvais moment, où il était assez opportun de pouvoir pointer du doigt un haut fonctionnaire coupable de dérives. Il n'est pas anodin que le scandale soit survenu après d'autres affaires comme celle des bureaux de Thierry Lepaon ou de Mathieu Gallet. Je suis devenue un dérivatif, un symbole, l'incarnation d'une trahison des élites, alors que je suis à l'opposé de cette image de haut fonctionnaire cupide qui dilapide les fonds publics".

Par ailleurs, les efforts de moralisation de la gestion des établissements publics se poursuit, alors que la Haute Autorité pour la transparence de la vie publique doit se prononcer prochainement sur des mesures à prendre pour renforcer la déontologie et les instruments de contrôle dans ce secteur.
 
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