Afghanistan : un deuxième vol français attendu à Paris avec 184 Afghans "de la société civile en besoin de protection" à bord

Afghanistan : un deuxième vol français attendu à Paris avec 184 Afghans "de la société civile en besoin de protection" à bord
Des familles afghanes attendent leur embarquement pour la France à l'aéroport de Kaboul, le 17 juillet 2021.

publié le mercredi 18 août 2021 à 16h35

L'opération française d'exfiltration, qui mobilise quatre avions de l'Armée de l'air, a d'ores et déjà effectué deux rotations et permis d'évacuer 261 personnes. 

Mercredi 18 août, l'évacuation de diplomates, d'humanitaires, d'étrangers et d'Afghans ayant travaillé avec eux se poursuivait dans des conditions difficiles à Kaboul, tombée dimanche aux mains des talibans. Un gigantesque pont aérien mobilise une noria d'avions du monde entier, dans un aéroport pris d'assaut par les candidats à l'exil et dont les abords sont étroitement contrôlés par les talibans.

Baptisée Apagan, l'opération française d'exfiltration mobilise deux avions de l'Armée de l'air sur un premier tronçon Émirats arabes unis-Kaboul et deux autres pour les vols entre les Émirats et la France.

Elle a d'ores et déjà effectué deux rotations et permis d'évacuer 261 personnes. 



Mardi après-midi, un premier Airbus-A310 transportant 45 ressortissants français et étrangers est arrivé à l'aéroport parisien de Roissy Charles-de-Gaulle. Un deuxième avion transportant 216 personnes - 184 Afghans "de la société civile en besoin de protection", 25 Français, 4 Néerlandais, un Irlandais et 2 Kenyans - est attendu à Paris mercredi en début de soirée. Il s'agit là d'"une grande partie des personnes, de nationalité française comme afghane, qui s'étaient réfugiées au sein du bâtiment de l'ambassade de France à Kaboul" et qui ont été évacuées dans la nuit de mardi à mercredi par l'armée française, a précisé le ministre des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian. 

"Près de 200 Afghans qui ont travaillé pour la France ou qui sont menacés viennent d'être évacués de Kaboul. Ainsi que des Français et des ressortissants étrangers. À nos armées, policiers et équipes diplomatiques qui organisent ces opérations sensibles, merci. On continue", a tweeté le président Emmanuel Macron.


Le chef de la diplomatie française a également salué une "opération qui permet la mise en protection d'Afghanes et d'Afghans qu'il était impératif de protéger", opération qui "est la réussite d'un important travail collectif". "C'est la fierté de la France de pouvoir accueillir la société civile afghane qui lutte pour la liberté, comme elle l'a déjà fait en rapatriant ces dernières semaines les agents locaux de l'ambassade et leurs familles", a-t-il ajouté.

Mais le dossier a aussitôt repris un aspect politique, avec des déclarations offensives de la maire socialiste de Lille, Martine Aubry, qui a revendiqué avoir travaillé avec le ministère de la Culture pour établir des listes de personnalités afghanes à rapatrier. "Il reste encore des milliers de personnes en danger", a-t-elle ajouté, jugeant "scandaleux que le départ des Américains n'ait pas été anticipé par la Coalition et l'Otan pour que l'on puisse faire partir ces personnes plus tôt".

Revenant sur les propos lundi d'Emmanuel Macron, qui avait suscité un tollé à gauche en évoquant le risque de "flux migratoires irréguliers", elle a ajouté : "j'attends du président de la République, qui m'a beaucoup choquée en parlant d'arrivées d'immigrés clandestins, des engagements fermes pour que ces réfugiés politiques puissent être accueillis en France", à l'instar des positions prises par la chancelière allemande Angela Merkel. 

Mardi, la ministre des Armées Florence Parly a assuré sur BFMTV que la France ferait "tous les efforts possibles pour assurer l'évacuation de ses ressortissants et de ses auxiliaires" afghans. La France souhaiterait rapatrier encore "quelques dizaines" d'Afghans ayant collaboré avec l'armée française, a indiqué la ministre, précisant que "tous les canaux de discussion" étaient activés pour y parvenir. 

Selon l'Elysée, près de 800 Afghans ont été accueillis sur le sol français dans le cadre du "devoir" de protection, entre 2001 et 2014. Par ailleurs, entre mai et juillet 2021, 625 personnes ayant travaillé pour l'ambassade de France à Kaboul (employés et familles compris) sont arrivées en France, selon la même source.
 

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