Afghanistan : Emmanuel Macron annonce l'envoi des forces spéciales et appelle à la collaboration internationale

Afghanistan : Emmanuel Macron annonce l'envoi des forces spéciales et appelle à la collaboration internationale
Emmanuel Macron lors de son allocution concernant l'Afghanistan, lundi 16 août 2021.

publié le lundi 16 août 2021 à 20h30

Vingt ans après l'intervention occidentale en Afghanistan, Kaboul est retombée aux mains des talibans. 

"Un tournant historique est à l'oeuvre", a assuré, solennel, Emmanuel Macron depuis le Fort de Brégançon, lundi 16 août. En cause, le retour au pouvoir en Afghanistan des Talibans, qui ont repris Kaboul dimanche.


Après avoir rappelé l'engagement de la France dans la lutte contre le terrorisme sur place, qui s'est achevé en 2014 avec le retrait des troupes combattantes françaises, Emmanuel Macron a annoncé l'envoi de deux avions militaires et des forces spéciales, qui auront la mission d'évacuer les ressortissants français.

Priorité à l'évacuation

"L'urgence absolue est de mettre en sécurité nos compatriotes qui doivent tous quitter le pays", a assuré le président de la République.

Particulièrement attendu sur ce sujet, où planent les fantômes des harkis de la guerre d'Algérie, il a également tendu la main à "tous les Afghans qui ont travaillé pour la France. (...) Tous les employés afghans des structures françaises qui pouvaient être menacés ainsi que leur famille, plus de 600 personnes, ont ainsi pu être accueillis et pris en charge dans de bonnes conditions dans notre pays."

Une aide à ses anciens alliés qui avait été anticipée, a assuré Emmanuel Macron. "Des opérations sont conduites depuis plusieurs années en France pour accueillir les personnels civils afghans qui ont travaillé pour l'armée française ainsi que leur famille. C'est notre devoir et notre dignité de protéger ceux qui nous aident. Près de 800 personnes sont déjà sur le sol français. Des dizaines de personnes sont encore sur place, qui ont aidé l'armée française, et pour lesquelles nous restons mobilisés."


Si l'aide à ses anciens soutiens est assumée et revendiquée par la France, la question du flux migratoire a également été abordée par Emmanuel Macron, tandis que des scènes de panique ont été aperçues à Kaboul. Après avoir assuré que la France prendrait "sa juste part", le chef de l'Etat a expliqué s'être entendu avec ses partenaires européens en vue d'anticiper une possible crise migratoire à venir. "Nous porterons, en lien avec la République fédérale d'Allemagne et d'autres Européens, une initiative pour construire sans attendre une réponse robuste, coordonnée et unie", a poursuivi le président français, en appelant à "la solidarité dans l'effort, l'harmonisation des critères de protection et la mise en place de coopérations avec les pays de transit."

La position diplomatique de la France vis-vis de l'Afghanistan des talibans n'est pas encore connue officiellement. Le président entend s'accorder avec le Conseil de sécurité de l'ONU et ses principaux alliés sur le dossier, notamment Londres. "Le Conseil de sécurité des Nations-Unies devra donc donner une réponse responsable et unie. J'ai échangé avec le Premier ministre Johnson et nous prendrons des initiatives communes dans les prochaines heures, a expliqué sans plus de précisions le président. Le retour de la stabilité passera par une telle action politique et diplomatique. L'Afghanistan ne doit pas redevenir le sanctuaire du terrorisme qu'il a été : c'est un enjeu pour la paix." 
 

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