Affaire Vincent Lambert: la demande de récusation des experts rejetée

Affaire Vincent Lambert: la demande de récusation des experts rejetée
L'hôpital Sebastopol de Reims où est hospitalisé Vincent Lambert, pris en photo en juin 2015

AFP, publié le mercredi 06 juin 2018 à 17h55

Le tribunal administratif de Châlons-en-Champagne a rejeté mercredi la demande de récusation des experts désignés pour dresser le "tableau clinique" de Vincent Lambert, un recours déposé par une partie de la famille de ce patient en état végétatif. 

"Le tribunal a estimé qu'aucun des motifs avancés n'était de nature à jeter un doute sur l'impartialité des experts", a déclaré le tribunal administratif dans un communiqué.

Il a suivi l'avis du rapporteur public, qui concluait mardi que les arguments invoqués par les requérants ne paraissaient pas "sérieux" et "fondés".

Les demandes autour du remplacement de ces trois médecins, constituant ce groupe d'experts et désignés par ce même tribunal le 2 mai, ainsi que celles sur leur "mission d'expertise" ont été jugées "irrecevables" dans cette procédure, a ajouté le tribunal dans son ordonnance.

"Ce jugement bien surprenant ne dénote pas la volonté de connaître la réalité de l'état de santé de Vincent Lambert", a déclaré à l'AFP Me Jean Paillot, l'un des avocats des requérants, qui ne peuvent pas faire appel de ce jugement, contrairement à ce qu'avait laissé entendre plus tôt leur conseil.

Les parents du patient, une soeur et un demi-frère, opposés à l'arrêt des soins de ce père de famille de 41 ans, hospitalisé dans un état végétatif au CHU de Reims depuis 2008, avaient saisi le tribunal administratif pour contester la décision de l'hôpital du 9 avril de lancer une quatrième procédure d'arrêt des traitements.

Dans son ordonnance du 20 avril, le tribunal avait exigé qu'un "tableau clinique" du patient soit réalisé avant de se prononcer sur la validité de l'arrêt des traitements. Mais la demande de récusation des experts avait conduit à l'annulation de l'expertise prévue le 26 mai.

Ces médecins "n'ont aucune compétence dans l'analyse comportementale des personnes en état de conscience altérée et ne font aucun effort pour nouer un dialogue avec les parties", a pointé Me Paillot.

"Il s'agit là de jouer la montre et de discréditer" les experts, avait appuyé lors de l'audience hier (mardi) Me Steven Calot, conseil de François Lambert, neveu de Vincent, favorable à l'arrêt des traitements, à l'instar d'autres proches du patient dont son épouse et tutrice légale, Rachel Lambert.

Le service de gestion de commentaires évolue.

A compter du 29 mars, le Journal de Réactions et la publication de commentaires seront temporairement fermés.

Les discussions autour des sujets qui vous tiennent à cœur resteront prochainement possibles au travers d’un tout nouveau service vous permettant de réagir.