Affaire Victorine : les révélations glaçantes du procureur adjoint

Affaire Victorine : les révélations glaçantes du procureur adjoint©Panoramic
A lire aussi

, publié le jeudi 15 octobre 2020 à 19h00

Au cours d'une conférence de presse organisée ce jeudi, le procureur adjoint de la République de Grenoble a confirmé que l'homme suspecté d'avoir tué Victorine Dartois était passé aux aveux. Mis en examen, le coupable présumé a reconnu avoir étranglé la victime mais a nié tout mobile sexuel.

Au cours des dernières 48 heures, de nombreuses informations ont filtré au sujet du meurtre de Victorine Dartois.

La conférence de presse qui s'est tenue ce jeudi en fin d'après-midi a permis de lever encore davantage de doutes. Face aux journalistes, Boris Duffau, le procureur adjoint de la République de Grenoble, a d'abord confirmé que le suspect interpellé mardi dernier était bel et bien passé aux aveux durant sa garde à vue. Avant de préciser les circonstances du drame : "​Il a reconnu avoir croisé Victorine vers 19h, par hasard, lors d'un footing. Une dispute aurait éclaté après une bousculade involontaire. Il aurait alors paniqué et l'aurait saisie par le cou en la serrant très fort, puis aurait dissimulé le corps."



La thèse d'une mort par étranglement a en outre été renforcée par l'autopsie du corps de la victime, qui a révélé des ecchymoses au niveau du cou. Le suspect a en revanche formellement nié toute tentative de viol, alors que le pantalon de la jeune fille lui avait été retiré.

L'avocate de la famille attend davantage d'explications

Si elle se félicite de l'avancée de l'enquête, Me Kelly Monteiro, l'avocate de la famille Dartois, reste circonspecte au regard des explications avancées par le coupable présumé : "​Quand on connaît Victorine, qui était une jeune fille très gentille, on n'imagine mal qu'elle se soit emportée après une simple bousculade et que cela ait pu entraîner un étranglement. Je pense que Ludovic Bertin (le nom du suspect, ndlr) ne nous a pas tout dit, notamment en ce qui concerne l'hypothèse d'un viol."

Le coupable présumé est père d'un enfant en bas âge

Le coupable présumé avait été interpellé et placé en garde à vue mardi 13 octobre, comme cela avait été confirmé mercredi midi par le parquet. Une perquisition avait été réalisée à son domicile. Il vivait à proximité du domicile de la victime. Âgé de 25 ans, il est père d'un nourrisson de six mois. Mis en examen pour meurtre précédé d'une tentative de viol, il encourt la prison à perpétuité.

Etudiante en BTS communication au lycée Condorcet de Saint-Priest, Victorine Dartois avait disparu le 26 septembre alors qu'elle rentrait chez elle. Une disparition qui s'était déroulée sur son trajet de retour, près du stade jouxtant une zone boisée que l'on peut traverser par un chemin. Son corps avait été retrouvé deux jours plus tard, le 28 septembre au matin, près d'un ruisseau sur la commune de Roche, juste à la limite avec Villefontaine.

Des moyens considérables

L'autopsie avait révélé qu'elle était morte par noyade avec l'intervention d'un tiers. Une information judiciaire contre X avait été ouverte pour "enlèvement et séquestration" et "meurtre". "En raison de la gravité des faits et de la complexité de l'affaire, trois juges d'instruction ont été désignés", avait déclaré à la presse le procureur adjoint Boris Duffau. Une cellule de dix enquêteurs exclusivement dédiés à l'enquête avait également été créée au sein de la gendarmerie de l'Isère.

Plus de 1 000 personnes pour un dernier adieu à Victorine

Les obsèques de Victorine se sont déroulées le 7 octobre à Bourgoin-Jallieu, où plus de 1 000 personnes s'étaient rassemblées. Quelque 300 proches et amis avaient pris place dans l'église et jusqu'à 750 personnes, selon la police, avaient assisté sur le parvis de l'édifice à la cérémonie retransmise sur un écran géant. Une marche blanche, organisée quelques jours auparavant, avait réuni plus de 6 000 personnes à Villefontaine. Ils avaient répondu à l'appel lancé par Romane Dartois, l'une des deux sœurs de Victorine. Le meurtre de la jeune fille avait ému la France entière.

Vos réactions doivent respecter nos CGU.