Affaire Sarkozy : le vrai Paul Bismuth réagit avant le procès et déplore de voir son nom "galvaudé"

Affaire Sarkozy : le vrai Paul Bismuth réagit avant le procès et déplore de voir son nom "galvaudé"
©Panoramic

, publié le lundi 23 novembre 2020 à 12h40

Quelques heures avant l'ouverture d'un procès sans précédent, Paul Bismuth a rappelé sur BFMTV "qu'il n'a rien à voir avec cette affaire" des "écoutes", qui vaut à l'ancien chef de l'État de comparaître devant la justice.

"Ça me gêne de voir mon nom galvaudé." Paul Bismuth, celui dont le nom a été emprunté par Nicolas Sarkozy pour communiquer avec son avocat sur une ligne téléphonique secrète, sort enfin du silence.

Ce lundi 23 novembre, sur BFMTV, le commerçant et promoteur immobilier domicilié en Israël a pris la parole afin de préciser "qu'il n'a rien à voir avec cette affaire" des "écoutes", qui vaut à l'ex-président de la République de comparaître devant la justice pour corruption, aux côtés de son avocat Thierry Herzog et de l'ex-haut magistrat Gilbert Azibert. Selon BFMTV, Paul Bismuth vient d'ailleurs de se constituer partie civile dans ce procès.



"Thierry Herzog était un camarade de classe, poursuit Paul Bismuth. Un jour, il était assis à une terrasse de café avec un autre camarade de classe. Ils ont évoqué mon nom en discutant du bon vieux temps."

"Mon nom est devenu un sobriquet"

Celui qui dit ne rien attendre du procès qui va s'ouvrir, explique qu'il "veut juste qu'on lui foute la paix". "Aujourd'hui, ce n'est plus l'affaire Nicolas Sarkozy, c'est l'affaire 'Paul Bismuth'", développe-t-il. Déjà en 2014, huit mois après les révélations sur cette ligne secrète, il avait publié une lettre ouverte sur le site de Mediapart. Il réclamait alors qu'on "lui rende son nom. Cela fait maintenant huit mois que mon nom est devenu un sobriquet, une source de moquerie". Pour autant, il ne souhaitait pas porter plainte contre Nicolas Sarkozy.

Pour mémoire, l'affaire des "écoutes" trouve son origine dans une autre affaire juridique qui menace Nicolas Sarkozy: les soupçons de financement libyen de sa campagne présidentielle de 2007 qui lui valent une quadruple mise en examen. En septembre 2013, dans ce dossier, les juges avaient décidé de placer l'ancien chef de l'État sur écoute. Début 2014, ils avaient découvert que ce dernier utilisait une ligne secrète, sous l'alias "Paul Bismuth", afin de communiquer avec Thierry Herzog.

Un "pacte de corruption"

Selon l'accusation, certaines de leurs conversations auraient révélé l'existence d'un "pacte de corruption" : Nicolas Sarkozy aurait, via son avocat, envisagé d'apporter un "coup de pouce" à Gilbert Azibert pour l'obtention d'un poste qu'il convoitait à Monaco. Un poste qu'il n'a pas obtenu. En contrepartie, le haut magistrat aurait donné des informations couvertes par le secret sur une procédure engagée par l'ex-chef d'État devant la Cour de cassation, en marge de l'affaire Bettencourt.

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