Affaire Omar Raddad : l'identification de l'ADN retrouvé n'est pas confirmée

Affaire Omar Raddad : l'identification de l'ADN retrouvé n'est pas confirmée
Omar Raddad le 1er décembre 2008 devant le ministère de la Justice.

, publié le lundi 31 octobre 2016 à 16h24

Alors que de nouvelles expertises révélaient il y a dix jours que l'une des traces ADN relevées dans l'affaire Raddad pourrait avoir été identifiée, les analyses obtenues ne permettent finalement pas de confirmer cette concordance, affirme ce lundi France Bleu Azur.

Après 25 ans à clamer son innocence, Omar Raddad espérait certainement beaucoup plus des dernières découvertes dans l'affaire qui porte son nom. Le 10 octobre dernier, le parquet de Nice révélait que les empreintes génétiques isolées en novembre 2015 sur des scellés, correspondant à quatre hommes (deux empreintes parfaitement exploitables et deux autres partiellement), n'étaient pas celles du jardinier marocain.

Dix jours plus tard, le procureur de Nice affirmait qu'une des traces ADN relevées avait donné une concordance avec celle d'un individu figurant dans le fichier national qui recense les auteurs de crimes et délits en France (FNAEG) ce qui aurait innocenté Omar Raddad.

Mais ce 31 octobre, France Bleu Azur révèle qu'il n'y a toujours aucune concordance ADN prouvée scientifiquement. L'institut génétique Nantes Atlantique, chargé de l'analyse, ne peut certifier leur lien à 100%. "Toutefois, le doute n'étant pas encore levé, le parquet devrait saisir un service d'enquête pour entendre la personne dont l'identité est sortie au FNAEG", affirme la station de radio locale. De nouvelles analyses seraient alors effectuées.



Le 23 juin 1991, Ghislaine Marchal une riche veuve de 65 ans vivant à Mougins, près de Nice (sud), avait été tuée à coups de couteau. Des inscriptions "Omar m'a tuer" et "Omar m'a t" tracées avec le sang de la victime avaient été retrouvées sur le lieu du crime. Omar Raddad avait été condamné en 1994 à 18 ans de réclusion criminelle pour le meurtre de sa patronne. Il a bénéficié d'une libération conditionnelle le 4 septembre 1998 après une grâce partielle accordée par le président Jacques Chirac et annoncée en mai 1996 à l'occasion d'un voyage en France du roi du Maroc Hassan II.

Gracié mais pas innocenté, il se bat depuis pour faire réviser son procès, sans grand succès. D'autres traces ADN ne correspondant pas aux siennes avaient déjà été retrouvées sur le lieu du crime, mais la justice avait refusé en 2002 un nouveau procès.

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