Affaire Legay : le procureur de Nice doit s'expliquer devant le ministère de la Justice

Affaire Legay : le procureur de Nice doit s'expliquer devant le ministère de la Justice
Le procureur de Nice Jean-Michel Prêtre, le 19 janvier 2017

, publié le samedi 13 avril 2019 à 13h17

Jean-Michel Prêtre doit fournir des justifications sur l'affaire Geneviève Legay, militante septuagénaire blessée par une charge policière lors d'une manifestation des gilets jaunes.

Le procureur de Nice doit rendre des comptes. Le ministère de la Justice exige des explications de la part de Jean-Michel Prêtre,  mis en cause dans sa gestion controversée de l'affaire de la militante Geneviève Legay, blessée fin mars lors d'une manifestation, a fait savoir la Chancellerie vendredi 12 avril.

Celui-ci doit s'expliquer sur "un certain nombre de faits et notamment l'affaire Geneviève Legay", a précisé la Chancellerie, confirmant une information de Mediapart. Selon cette dernière, "un retour rapide est attendu" au terme de cette convocation.

Nicole Belloubet doit se prononcer sur "les suites à donner"

Geneviève Legay, militante d'Attac âgée de 73 ans, a eu plusieurs côtes cassées et des fractures au crâne, lors d'une charge de policiers pour disperser une manifestation interdite de "gilets jaunes" à Nice le 23 mars. Le procureur avait indiqué le 29 mars qu'elle avait été poussée par un fonctionnaire de police, contrairement à ses premières déclarations.


"Au vu de l'analyse du procureur général et des explications de l'intéressé, la ministre Nicole Belloubet appréciera les suites à donner", a détaillé la Chancellerie.

Des conflits d'intérêt ?

Dans cette affaire qui a ravivé la polémique sur les violences policières depuis la crise sociale des "gilets jaunes", le parquet de Jean-Michel Prêtre est notamment mis en cause pour avoir décidé de confier l'enquête sur les blessures de la septuagénaire à la sûreté départementale, dont la cheffe est la compagne du commissaire chargé du commandement ce jour-là.

Ce possible conflit d'intérêts avait été soulevé par le journal Nice-Matin, puis mis en exergue par le site d'informations Mediapart. Ce à quoi le procureur de Nice a répondu qu'il était au courant de ce choix et que l'enquête avait été "bien menée", tandis que le procureur général a estimé qu'une telle décision n'était "pas illogique".

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