Affaire Kulik: 30 ans de réclusion requis contre Bardon pour "enlèvement suivi de mort"

Affaire Kulik: 30 ans de réclusion requis contre Bardon pour "enlèvement suivi de mort"
Jacky Kulik, le père d'Elodie Kulik violée et tuée en 2002, tient un portrait de sa fille, le 21 novembre 2019 au palais de justice d'Amiens

, publié le vendredi 06 décembre 2019 à 12h04

L'accusation a requis vendredi 30 ans de réclusion criminelle à l'encontre de Willy Bardon devant la Cour d'assises de la Somme pour "enlèvement et séquestration suivis de mort" commis sur Elodie Kulik en 2002, mais a requis l'acquittement pour les chefs de "viol" et de "meurtre".

Si la participation de Grégory Wiart, décédé en 2003, est "indéniable", "les deux hommes" que l'on entend sur l'enregistrement de l'appel aux secours "font forcément partie de ses ravisseurs" et "le seul proche" à "pouvoir être présent" et "reconnu sur la bande" par plusieurs témoins est Willy Bardon, a dit l'avocate générale Anne Laure Sandretto.

Willy Bardon est poursuivi pour le viol en réunion et le meurtre d'Elodie Kulik, qui avait été retrouvée partiellement calcinée en janvier 2002, à six kilomètres de sa voiture accidentée. Mais l'accusation a réclamé jeudi après-midi à la cour d'ajouter une question "subsidiaire" à celles qui seront posées aux jurés: "enlèvement et séquestration suivis de mort", ce qui a été approuvé.

"Dans ce dossier, nous avons 12 témoins" de l'entourage de Willy Bardon interrogés sur la bande sonore, parmi lesquels "six sont formels et le reconnaissent". Concernant les autres, trois ne reconnaissent rien, deux autres ont dit aux enquêteurs avoir reconnu un "timbre" ou une "intonation" et le dernier, Romuald J., considéré comme le frère de lait de l'accusé, "a changé son témoignage" entre les auditions et le procès, a détaillé l'avocate générale.

"Vous allez devoir faire le tri" entre ces témoignages, ceux qui sont "influencés" par leur proximité avec Willy Bardon, "ceux qui ont eu les tripes à l'air parce qu'ils ont reconnu cette voix", a lancé Anne-Laure Sandretto aux jurés.

Mais, parmi les proches de Grégory Wiart, "seul Willy Bardon a un timbre de voix identique" et "n'a pas de sosie vocal", a-t-elle ajouté.

Elle est aussi revenue longuement sur l'ensemble du dossier, la "double personnalité de l'accusé", son "changement de comportement" au moment de la médiatisation de l'affaire, son "angoisse" et ses questionnements à chaque nouvelle audition de témoin au cours de l'enquête ou encore ses "multiples mensonges devant les gendarmes et juges d'instruction pour se défaire de sa proximité avec Wiart".

"Il faut rester objectif", a-t-elle ajouté, ne voyant pas suffisamment de "preuves" pour établir la présence de Willy Bardon sur la "deuxième scène" du crime, à six kilomètres de la voiture où elle a été enlevée. "Mais, sur l'enlèvement suivi de mort, vous ne pourrez répondre que oui".

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