Affaire Jubillar : l'avocat des proches regrette "la chape de plomb" sur l'enquête

Affaire Jubillar : l'avocat des proches regrette "la chape de plomb" sur l'enquête ©Gendarmerie nationale

, publié le jeudi 04 février 2021 à 12h15

Deux mois et demi après la disparition de Delphine Jubillar dans le Tarn, l'avocat des proches explique à Paris Match qu'il constate une opacité concernant l'accès au dossier. 

Où en est l'affaire Delphine Jubillar ? La jeune femme de 33 ans, disparue dans la nuit du 15 au 16 décembre dans le Tarn, reste introuvable à ce jour. Et il semble que l'enquête piétine et se retrouve dans ce qui ressemble à une impasse pour le moment. Du moins selon l'avocat de la partie civile. "Aucune hypothèse n'est crédible", explique à Paris Match Me Philippe Pressecq, avocat d'amis et de cousines de Delphine Jubillar, qui se sont constitués partie civile. 



"L'acte d'un rôdeur ? C'est invraisemblable. Le mari ? Ils (les enquêteurs) n'y croient pas. Un amant ? Non plus. Elle se serait alors volatilisée ? C'est impensable", étaye l'avocat chez nos confrères. Néanmoins, il suppute que la piste criminelle explorée induit des éléments en possession des gendarmes. "Des plongeurs ont fouillé le Tarn à Marssac. Pourquoi spécifiquement à cet endroit ? Nous ne le savons pas. Il semble que depuis la disparition de Delphine le 16 décembre, les enquêteurs ont des éléments puisque l'affaire a rapidement pris un tour criminel", illustre Me Pressecq. 

La version du mari jugée sincère

La partie civile reste donc dans l'inconnu, et ce malgré une révélation faite par l'avocat. "Le mari de Delphine a contacté une de mes clientes par messagerie vers 4h du matin. Il venait de se réveiller et de se rendre compte de l'absence de sa femme", révèle à Paris Match Me Pressecq. "Cédric pensait qu'elle était partie chez sa copine, une voisine du village. Il dit à ma cliente : 'Dis à Delphine de rentrer'. Elle lui répond : 'Non, Delphine n'est pas avec moi'", ajoute-t-il. 

Dans sa recherche d'une piste, l'avocat de la partie civile juge la version du mari sincère. "Si cela était une mise en scène, pourquoi le faire à 4h du matin, surtout que dans cette hypothèse l'auteur supposé aurait plutôt besoin de temps pour effacer des traces", relève-t-il. L'avocat de Cédric Jubillar indique de son côté que cette version, donnée aux enquêteurs depuis le premier jour, n'a rien de nouveau. "Il n'y a rien de nouveau à ce stade. Mon client a toujours dit la même chose", assure Me Jean-Baptiste Alary à La Dépêche du Midi

Devant cette absence d'éléments, Me Pressecq demande une plus grande transparence de la part des enquêteurs, ainsi que l'accès au dossier. "On n'a toujours pas accès au dossier, et ça devient absolument incroyable. Il y a une espèce de chape de plomb qui est posée sur cette enquête", déplore-t-il. "Mes clients ont été entendus dans les premiers jours, et plus rien depuis. L'enquête se prive de l'avis des parties civiles", pointe Philippe Pressecq.

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