Affaire Grégory : "Vous n'y étiez pas, mais moi j'y étais", lance le cousin de Murielle Bolle

Affaire Grégory : "Vous n'y étiez pas, mais moi j'y étais", lance le cousin de Murielle Bolle
La voiture de Murielle Bolle lors de son arrivée à la Cour d'appel de Dijon (Côte-d'Or), le vendredi 28 juillet 2017.

Orange avec AFP, publié le samedi 29 juillet 2017 à 11h50

La confrontation entre Murielle Bolle et l'un de ses cousins n'a débouché sur rien vendredi. Dans une interview accordée à BFM TV, ce dernier assure que l'incarcération de sa cousine "ne tient pas à (son) seul témoignage".

Accusé de faux témoignage, il regrette l'absence de dialogue lors de cette rencontre et accuse l'un des avocats de sa cousine d'"imbécile".

Le face-à-face entre les des deux cousins, organisé le vendredi 28 juillet à Dijon, tournait autour d'une question centrale : celle qui avait 15 ans en 1984 a-t-elle subi "un lynchage" infligé par sa famille le soir du 5 novembre, entraînant la rétractation de son témoignage incriminant son beau-frère Bernard Laroche ? C'est ce qu'a continué d'affirmer vendredi son cousin, contrant les dénégations de Murielle Bolle.

Chacun est resté "sur ses positions", a résumé le procureur général Jean-Jacques Bosc, ajoutant toutefois que le témoignage du cousin lui paraissait "crédible par rapport à d'autres éléments du dossier". "Ce n'est pas une affaire qui se réglera du jour au lendemain, c'est une affaire complexe", a-t-il ajouté. "Les gendarmes poursuivent les investigations" et "d'autres auditions vont avoir lieu".

"VOUS N'AVEZ PAS LE MONOPOLE DE LA VÉRITÉ"

"J'ai répondu aux questions, du mieux que j'ai pu et comme je pouvais avec ma vérité, celle qui est la mienne depuis le départ", a expliqué ce cousin aujourd'hui âgé de 54 ans à BFM TV. "Elle répondait par 'je ne me souviens pas', 'je ne sais pas', 'je ne me souviens plus', 'c'est un menteur', voilà les réponses que j'ai eu pendant tout le débat".



Que répond-il aux accusations de mythomanie lancées par l'un des avocats de la défense ? "J'ai refusé de répondre à cet avocat dans la mesure où il me traite à chaque fois de mythomane, il m'insulte je lui demande de ne pas le refaire et il recommence après", explique le cousin de Murielle Bolle. "Je vous réponds : pour moi c'est un imbécile (...), c'est quelqu'un qui n'est pas intelligent". "Les gendarmes m'entendront sur ces questions ultérieurement mais en aucun cas je ne parlerai à ce monsieur. Je lui ai dis : vous n'avez pas le monopole de la vérité. Vous, vous n'y étais pas, moi j'y étais".

"J'émets quelques éléments importants", a-t-il jugé. "L'avocat m'a reproché de ne pas me souvenir du chien de Murielle. Excusez moi, moi je me souviens d'un cousin ou d'une cousine mais pas forcément d'un chien. Elle, elle arrive à ne pas se souvenir d'un cousin alors que j'étais régulièrement là-bas. Elle se rappelle de mes sœurs, mais pas de moi. Qui se fout de l'autre ?" Lors de leur arrivée à la confrontation, Murielle Bolle avait affirmé ne pas reconnaître son cousin. "Je me suis quand même souvenu de tous ses surnoms, de tous les plans de la maison. J'ai placé les gens où ils étaient (cette nuit là, ndlr). Je ne peux pas faire mieux pour prouver ma bonne foi", a-t-il ajouté.


"Les deux discours ne concordent pas. Donc, de ce côté-là, on n'a pas beaucoup avancé", a reconnu l'un des deux avocats de Murielle Bolle, Me Jean-Paul Teissonnière. Mais, au cours de la confrontation, "il est apparu qu'aucune violence n'a pu intervenir" avant la rétraction de sa cliente en 1984, a-t-il affirmé. "Au-delà de la question de la bonne foi ou de sa mauvaise foi (...), il y a des contradiction dans les dates" dans le discours du cousin de Murielle Bolle, a ajouté Jean-Paul Teissonnière.

En 1984, les premières déclarations de l'adolescente n'avaient pas convaincu et elle avait fini par dire aux gendarmes qu'elle se trouvait dans la voiture de son beau-frère, passé prendre le petit Grégory Villemin le 16 octobre 1984, jour de sa mort, avant de le déposer, pensait-elle, chez des amis des parents de l'enfant. Le 5 novembre 1984, Murielle Bolle avait répété ces déclarations devant le juge d'instruction, Jean-Michel Lambert, qui décidait en conséquence d'inculper et écrouer Bernard Laroche. Mais le lendemain, après une nuit en famille, elle était revenue avec sa mère pour se rétracter, disant avoir parlé sous la contrainte des gendarmes.

Si les enquêteurs considéraient déjà que Murielle Bolle avait été "malmenée" par sa famille, le cousin ajoute un détail nouveau : il aurait reçu ce soir-là les confidences de sa cousine, lui avouant avoir bel et bien assisté à l'enlèvement et que Bernard Laroche aurait remis l'enfant à deux personnes. "On a l'impression que c'est un recyclage d'informations tirées des médias", a asséné vendredi un autre avocat de Murielle Bolle Me Christophe Ballorin, rappelant que le témoignage du cousin était arrivé après l'interpellation à la mi-juin de Marcel et Jacqueline Jacob, grand-oncle et grand-tante de Grégory, mis en examen pour enlèvement et séquestration suivis de mort.

"On est parole contre parole", a rétorqué Me Jean-Christophe Tymoczko, qui représente le cousin, ajoutant que son client avait "réitéré l'ensemble de ses déclarations" et apporté "quelques détails qu'il n'avait pas donnés jusqu'à maintenant". Murielle Bolle, 48 ans, a été mise en examen fin juin pour enlèvement suivi de mort et placée en détention provisoire.

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