Affaire Grégory : Marcel Jacob, un homme "immature, parfois puéril" et "influençable", selon l'expertise psychologique

Affaire Grégory : Marcel Jacob, un homme "immature, parfois puéril" et "influençable", selon l'expertise psychologique
La boîte aux lettres de Marcel et Jacqueline Jacob à Aumontzey (Vosges).

, publié le lundi 27 novembre 2017 à 19h07

SOCIÉTÉ. Mis en examen en juin pour l'enlèvement et la séquestration suivis de la mort de son petit-neveu Grégory, Marcel Jacob a juré à plusieurs reprises devant le psychologue expert n'avoir rien à voir avec ce meurtre.

L'arrestation à la mi-juin de Marcel et Jacqueline Jacob, jamais inquiétés auparavant, a relancé l'affaire Grégory qui demeure une énigme depuis que le petit garçon de 4 ans a été retrouvé en 1984, pieds et poings liés dans les eaux de la Vologne, dans les Vosges.

Grand-oncle et grande-tante de la victime, les deux septuagénaires sont soupçonnés d'avoir été les "corbeaux" auteurs de plusieurs lettres anonymes, très bien renseignées, et d'être impliqués dans le rapt et la mort de Grégory, dans le cadre d'un "acte collectif" qu'ils contestent.

"Moi faire du mal à un enfant ? Non, non, c'est de la folie pure!", a déclaré au psychologue expert le 28 septembre dernier Marcel Jacob, jurant inlassablement n'avoir rien à voir avec le meurtre, rapporte lundi 27 novembre L'Express.

L'hebdomadaire affirme avoir pris connaissance de cette expertise psychologique versée au dossier en novembre.



CE QUE RÉVÈLE L'EXPERTISE PSYCHOLOGIQUE

Selon ce document, l'homme de 72 ans ne souffre d'aucune "pathologie psychiatrique", ni de "troubles" ou de "déficiences" susceptibles "d'influencer son comportement". Possédant un quotient intellectuel de 73, Marcel Jacob se situe ainsi dans la moyenne inférieure. Il s'exprime "dans un langage simple mais correct" et "ses capacités d'analyse et de synthèse sont médiocres".

Il a également été soumis au "test de l'arbre", qui consiste à analyser la personnalité du sujet à travers des dessins de végétaux. Murielle Bolle avait également passé ce test. Alors que celui la quadragénaire, qui adolescente avait livré un témoignage capital avant de se rétracter, révélait "un événement majeur et traumatique" à cette période, celui de Marcel Jacob ne donne rien de probant, mis à part qu'il s'agit d'un homme "immature, parfois puéril" et "influençable".

DÉPENDANT DE SA FEMME

Marqué par le décès de sa mère, il ne supporte pas le sentiment d'abandon et est très dépendant affectueusement, notamment de sa femme Jacqueline, selon le rapport. Une décision de justice les interdit formellement de se côtoyer. Une situation que Marcel Jacob vit très mal. L'affection me manque terriblement", a-il déploré. Actuellement hébergé "par une femme qu'il ne connaît pas" dans la Marne, il se dit souvent importuné par le fils autiste de cette dernière, qui a tendance "à frapper sur le mur adjacent à la chambre où il est logé". "C'est l'enfer ce que je vis en ce moment", a-t-il confié.

Qualifié d'homme "à la sensibilité incroyable", en proie à une "crue de larmes" lors de l'entretien, le septuagénaire a notamment fondu en larmes à l'évocation de sa fille, qu'il n'a pas revu depuis 1991. "Il se dit frustré de l'affection de sa fille et de ses petits-enfants, et là encore sa sensibilité se révèle en évoquant cette thématique", note le psychologue dans son rapport.

Jacqueline Jacob a été autorisée la semaine dernière à rentrer chez elle. Marcel Jacob, dont une première audition a été reportée, doit être entendu le 4 décembre, avant de demander à son tour à rentrer chez lui lors d'une audience devant la chambre d'instruction.

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