Affaire Grégory : ce que révèle l'expertise psychologique de Murielle Bolle

Affaire Grégory : ce que révèle l'expertise psychologique de Murielle Bolle
Murielle Bolle, le 21 juin 2017 à Granges-sur-Vologne (Vosges).

Orange avec AFP, publié le mercredi 27 septembre 2017 à 12h17

Une expertise psychologique, versée au dossier de l'enquête sur le meurtre du petit Grégory Villemin (octobre 1984), tente de décrire la personnalité de Murielle Bolle. Selon la psychologue consultée, cette femme aujourd'hui âgé de 48 ans fait preuve d'"une tendance à l'entêtement" et "tente de se protéger de l'extérieur par une carapace".

Murielle Bolle est un personnage clé de l'enquête sur la mort du petit Grégory.

Âgée de 15 ans à l'époque du drame, elle avait accusé son beau-frère Bernard Laroche du rapt du garçon de 4 ans retrouvé mort les poings liés dans la Vologne, avant de se rétracter. Mise en examen pour "enlèvement suivi de mort" fin juin, elle est finalement sortie de détention le 4 août pour être assignée depuis à résidence. Ses avocats vont déposer dans "le courant de la semaine prochaine" une requête en nullité de sa mise en examen.



"UNE VOLONTÉ DE NE RIEN DIRE"

Le Figaro et BFMTV ont pu consulter l'expertise psychologique commandée par la présidente de la chambre de l'instruction de Dijon (Côte-d'Or). Celle-ci, survenue à la mi-juillet, accrédite la thèse soutenue par l'accusation et explique que Murielle Bolle montre "une volonté de ne rien dire". L'experte s'est appuyée sur le "test de l'arbre", représentation symbolique du corps humain, pour arriver à de telles conclusions. Cette technique est utilisée par certains psychologues dans le cadre d'un bilan psychologique afin d'observer les traits de personnalité d'un individu à travers son dessin d'un arbre.



"Nous remarquons la présence d'une zone oblongue (de forme allongée, ndlr) sur la surface du tronc, pouvant attester (...) d'un événement majeur, traumatique, qui serait survenu dans la vie de l'intéressée entre 13,4 et 16,2 ans", écrit la psychologue. L'évocation d'une toupie, d'une araignée, d'un crabe et d'un "taureau couché" entraîne également l'experte sur la piste d'une "charge affective qui ne trouve pas de voie socialisée pour s'exprimer", d'une personnalité "fragilisée dans sa volonté de maîtrise" qui "tente de se protéger de l'extérieur par une carapace", "terrassée et en perte de combativité".

L'experte n'envisage cependant jamais que Murielle Bolle puisse ne rien dire parce qu'elle ne sait rien ou ne s'en rappelle plus, note Le Figaro. "'Cette façon de se saisir de n'importe quel élément pour le retourner systématiquement à charge est abosulement insupportable", a répondu sur BFMTV l'avocat de Murielle Bolle, Jean-Paul Teissonnière.

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