Affaire Grégory: après son audition, Jacqueline Jacob demande à rentrer chez elle

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 La boîte aux lettres de Marcel et Jacqueline Jacob devant leur maison de Aumontzey, le 16 juin 2017

La boîte aux lettres de Marcel et Jacqueline Jacob devant leur maison de Aumontzey, le 16 juin 2017

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© AFP, PATRICK HERTZOG
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AFP, publié le lundi 20 novembre 2017 à 04h35

Trois jours après avoir défendu son "alibi" devant la juge d'instruction, Jacqueline Jacob, mise en examen pour le rapt et la mort du petit Grégory en 1984, demande lundi l'assouplissement du contrôle judiciaire qui la tient éloignée de son mari, également suspecté, et de leur domicile.

"Une mesure coercitive de contrôle, qui empêche notamment Mme Jacob de résider chez elle (...) n'est pas adaptée à la situation", a dénoncé vendredi l'un de ses avocats, Me Frédéric Berna, qui martèle que sa cliente a "un alibi inattaquable".

Les époux Jacob, dont Grégory était le petit-neveu, étaient "au travail le 16 octobre 1984 (jour de l'enlèvement et du meurtre de l'enfant, NDLR) de 14h30 à 21 heures (...) C'est prouvé par des témoins et par des éléments objectifs du dossier", a poursuivi le conseil à l'issue de l'audition de sa cliente, la première depuis sa mise en examen à la mi-juin.

Il y a cinq mois, l'arrestation des Jacob, jamais inquiétés auparavant, avait relancé cette affaire qui demeure une énigme depuis que le petit garçon de 4 ans a été retrouvé, pieds et poings liés, dans les eaux de la Vologne.

Les deux septuagénaires sont soupçonnés d'avoir été les "corbeaux" auteurs de plusieurs lettres anonymes, très bien renseignées, et d'être impliqués dans le rapt et la mort de Grégory, dans le cadre d'un "acte collectif" qu'ils contestent.

Brièvement écroués en juin, ils ont depuis l'obligation de résider séparément et loin de leur domicile situé à Aumontzey dans les Vosges, un contrôle judiciaire que la chambre de l'instruction de Dijon avait refusé, fin octobre, de modifier.

- 'Débat public' -

"L'accusation nous soutient que le contrôle judiciaire est indispensable parce qu'il ne faudrait pas que Mme Jacob soit en contact avec son mari pour se concerter", ni avec "des témoins à proximité" de leur domicile, mais "ça fait 33 ans que tout le monde vit à Aumontzey, que tout le monde se connaît", tonne Me Berna.

Les avocats de Mme Jacob, qui ne sera pas présente, demanderont lundi un "débat public" à la chambre de l'instruction. Une requête à laquelle le parquet général a déjà prévu de s'opposer.

Celui-ci s'opposera également à la modification du contrôle judiciaire de Mme Jacob, au motif que "les investigations se poursuivent" et que "Marcel Jacob n'a pas encore été entendu" par la juge Claire Barbier, a indiqué le procureur général, Jean-Jacques Bosc.

Le mari, dont une première audition a été reportée, doit être entendu le 4 décembre, avant de demander à son tour à rentrer chez lui.

Parallèlement, la défense du couple s'est pourvue en cassation après le premier refus de la chambre de l'instruction d'assouplir le contrôle judiciaire.

Me Thierry Moser, avocat historique des parents Villemin, a annoncé qu'il ne prendrait pas partie sur la question du contrôle judiciaire, mais il balaie l'alibi des Jacob: ce "n'est qu'un rideau de fumée, (...) la suite de l'instruction le démontrera".

La justice a déjà soulevé, depuis longtemps, la question de l'emploi du temps des Jacob le jour des faits.

Dans son arrêt de 1993 innocentant Christine Villemin, la mère de Grégory, la cour d'appel de Dijon avait relevé qu'il n'existait pas "en l'état", à leur encontre, "de présomption suffisantes pour justifier de nouvelles investigations et a fortiori une inculpation".

"A priori ils n'étaient pas disponibles à l'heure du crime mais l'éventualité d'une absence momentanée de leur lieu de travail ne saurait être exclue. L'enquête les concernant a été entreprise trop tardivement pour avoir des chances sérieuses d'aboutir à un résultat incontestable", soulignaient à l'époque les magistrats.

 
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