Affaire des écoutes : un procès pour Nicolas Sarkozy ?

Affaire des écoutes : un procès pour Nicolas Sarkozy ?
Nicolas Sarkozy le 14 juillet 2017 à Nice.

Orange avec AFP, publié le vendredi 06 octobre 2017 à 22h45

JUSTICE. Selon Le Parisien, le parquet national financier vient de demander le renvoi de l'ex-président de la République devant le tribunal correctionnel notamment pour corruption.

L'affaire des écoutes pourrait prendre un nouveau tournant.

Le Parisien révèle vendredi soir 6 octobre que le parquet national financier (PNF) a demandé le renvoi de Nicolas Sarkozy devant le tribunal correctionnel. Une information confirmée par Europe 1.



Le PNF a requis un procès pour "corruption, trafic d'influence et recel de violation du secret professionnel" contre l'ancien chef de l'État, et réclame également le renvoi en correctionnelle de son avocat, Thierry Herzog, et Gilbert Azibert, ex-premier avocat général près de la Cour de cassation. Selon le quotidien, le réquisitoire a été signé jeudi par Eliane Houlette, la procureure du PNF, et doit être notifié aux parties. Il était attendu depuis près d'un an. L'instruction est en effet close depuis fin octobre 2016, mais de nombreuses requêtes ont fait traîner la procédure en longueur.

La balle est maintenant dans le camp des juges d'instruction.

DE QUOI S'AGIT-IL ?

L'ancien chef de l'État avait été placé en garde à vue et mis en examen en juillet 2014 dans cette affaire. Il est soupçonné d'avoir tenté, via son avocat, d'obtenir auprès du haut magistrat Gilbert Aziber des informations secrètes dans une procédure sur la saisie de ses agendas dans l'affaire Bettencourt.

Une affaire révélée par les écoutes entre Nicolas Sarkozy et son avocat, enregistrées dans le cadre d'une autre affaire. En 2013, les magistrats avaient en effet placé l'ancien maire de Neuilly sur écoutes dans le cadre du dossier sur les soupçons de financement par la Libye de Mouammar Kadhafi de sa campagne présidentielle de 2007. Se sachant sur écoutes, Nicolas Sarkozy s'était alors procuré, sous le nom d'emprunt "Paul Bismuth", des téléphones portables destinés à échapper aux enquêteurs.

D'après les écoutes téléphoniques, il semblait s'engager à intervenir en faveur du magistrat pour qu'il obtienne un poste de prestige à Monaco. Mais il avait renoncé à cette démarche au dernier moment. Pour les enquêteurs, ce revirement peut s'expliquer par le fait que Nicolas Sarkozy et Thierry Herzog venaient d'apprendre que leurs téléphones non officiels, dont celui ouvert sous le nom de Paul Bismuth, avaient été placés sur écoute. Le clan Sarkozy y voit la preuve que l'ex-chef de l'État n'a rien à se reprocher.

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