Affaire des assistants au Parlement européen : Marine Le Pen risque désormais plus gros et refuse toujours de répondre aux juges

Affaire des assistants au Parlement européen : Marine Le Pen risque désormais plus gros et refuse toujours de répondre aux juges
Marine Le Pen, alors eurodéputée Front national (FN), le 28 mai 2014 au Parlement européen à Bruxelles.

Orange avec AFP, publié le vendredi 12 octobre 2018 à 15h23

La présidente du Rassemblement national (RN, ex-Front national) a été convoquée ce vendredi matin par les juges qui enquêtent sur les emplois présumés fictifs de son parti. Elle a à nouveau refusé de répondre à leurs questions. Sa mise en examen a été requalifiée et aggravée. Poursuivie en juin 2017 pour "abus de confiance" et "complicité d'abus de confiance", elle est maintenant sous le coup d'une mise en examen pour "détournement de fonds publics". Un délit passible de dix ans d'emprisonnement et d'un million d'euros d'amende, contre trois ans de prison et de 375.000 euros d'amende pour l'abus de confiance.

La numéro 1 du RN était convoquée, vendredi 12 octobre, au palais de justice de Paris, pour un premier interrogatoire dans l'affaire des assistants présumés fictifs de son parti au Parlement européen. Elle en est ressortie en fin de matinée, sans avoir répondu aux questions des magistrats. 

Marine Le Pen voit sa mise en examen requalifiée et elle risque désormais plus gros. Initialement poursuivie, en juin 2017, pour "abus de confiance" et "complicité d'abus de confiance", elle est désormais accusée de "détournements de fonds publics". Ce délit est passible de dix ans d'emprisonnement et d'un million d'euros d'amende, contre trois ans de prison et 375.000 euros d'amende pour l'abus de confiance.

Violation du principe de séparation des pouvoirs, selon elle

Elle a refusé de répondu aux questions sur le fond, arguant qu'elle attendait une décision de la Cour de cassation sur un recours devant être examiné le 27 novembre. "L'autorité judiciaire ne peut s'ériger en arbitre du contenu du travail politique d'un député et de son bien-fondé sauf à violer le principe constitutionnel de la séparation des pouvoirs", a-t-elle déclaré à l'AFP à sa sortie du tribunal. "J'ai donc indiqué aux magistrats que je répondrai à l'ensemble de leurs questions après que la chambre criminelle (aura) tranché cette question de principe qui est absolument primordiale par sa nature constitutionnelle, puisqu'elle touche à l'essence même des principes démocratiques de la République".

Déjà, lors de sa mise en examen en juin 2017, elle n'avait pas répondu aux questions et s'était contentée d'une déclaration. Marine Le Pen nie tout emploi fictif et conteste aux magistrats parisien le droit d'enquêter sur cette affaire. "Nous sommes totalement innocents des faits qui nous sont reprochés", a-t-elle répété vendredi.

Un million d'euros d'aide publique au parti saisis

Depuis fin 2016, les juges Claire Thépaut et Renaud Van Ruymbeke enquêtent sur un possible "système" organisé par le parti et sa présidente pour financer des salaires de ses permanents sur les deniers de l'Union européenne. Ils sont soupçonnés d'avoir détourné les enveloppes des eurodéputés réservées à l'emploi d'assistants parlementaires. 

En juin dernier, les magistrats ont ordonné la saisie de 2 millions d'euros sur des subventions publiques du RN, montant finalement ramené à 1 million d'euros par la cour d'appel de Paris. L'information judiciaire ouverte pour "abus de confiance et escroquerie en bande organisée" cumule à ce stade une quinzaine de mises en examen connues, pour "abus de confiance", complicité ou recel de ce délit.

Sont notamment concernés le RN, Louis Aliot, le compagnon de Marine Le Pen, et Nicolas Bay, dont le nom circule pour conduire la liste du parti aux élections européennes de 2019. Les magistrats envisagent désormais de requalifier toutes les mises en examen.

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