Affaire Boulin : un rapport jette un doute sur la version du suicide

Affaire Boulin : un rapport jette un doute sur la version du suicide
Robert Boulin à Paris, le 1er juillet 1972.
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, publié le dimanche 08 novembre 2020 à 11h33

Ministre du Travail de Valéry Giscard-d'Estaing, il avait été retrouvé mort dans un étang de la forêt de Rambouillet en 1979.

La mort par noyade de de Robert Boulin ne peut être établie "de manière formelle", selon un nouveau collège d'experts mandaté pour déterminer les causes de sa mort, a-t-on appris dimanche 8 novembre auprès de la famille de l'ex-ministre. 

Ces conclusions, révélées par Le Parisien-Aujourd'hui en France, constituent "un tournant majeur dans le combat pour la recherche de la vérité", estiment Fabienne Boulin et son avocate Marie Dosé dans un communiqué. La fille de l'ancien ministre du Travail de Valéry Giscard d'Estaing "prend acte qu'il est enfin établi judiciairement que les anciens magistrats saisis de ce dossier qui ont conclu au suicide de son père par noyade ont motivé leur ordonnance de non-lieu sur des conclusions d'expertise erronées", peut-on lire. 


"Elle prend également acte qu'aucun élément tangible ne peut désormais être avancé pour assurer que Robert Boulin se serait suicidé par noyade", ajoutent les deux femmes. Cette nouvelle expertise démontre également que Robert Boulin "a été victime de violences volontaires ayant provoqué une fracture du nez récente et concomitante au décès". 

Le 30 octobre 1979, l'ancien ministre était retrouvé mort dans un étang de la forêt de Rambouillet (Yvelines), à l'âge de 59 ans. Sa mort avait initialement été classée comme un suicide par noyade, après ingestion de barbituriques. Doutant de cette version, sa famille a porté plainte en 1983: l'enquête, ouverte pour meurtre, s'est soldée par un non-lieu en 1991. Sa fille a demandé, en 2002 et 2010, la réouverture du dossier, sans succès jusqu'en 2015, où une nouvelle information judiciaire a été ouverte contre X pour "enlèvement" et "assassinat".

Fracture du nez

Dans son rapport dont des extraits sont cités dans le communiqué de Fabienne Boulin et Marie Dosé, le nouveau collège d'experts estime que "les constatations décrites" à l'époque "ne sont pas suffisantes à une conclusion formelle" de mort par noyade "en l'absence de données anatomopathologiques et biologiques".

Concernant les coups portés à l'ancien ministre qui avait été révélés par la seconde autopsie, "le nouveau rapport d'expertise acte enfin l'existence désormais incontestable d'une fracture de la portion nasale du maxillaire supérieur gauche", notent la fille de Robert Boulin et l'avocate. Cette fracture, dont les experts précisent qu'elle n'a pas pu provoquer à elle-seule la mort de Robert Boulin, "a été provoquée par 'un choc direct' secondaire 'soit à une chute, soit à un heurt par objet contondant'", ajoutent-elles. 

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