Affaire Benalla : Marine Le Pen s'étonne de la "précipitation" de la garde à vue

Affaire Benalla : Marine Le Pen s'étonne de la "précipitation" de la garde à vue
Marine Le Pen lors d'un meeting du Rassemblement national à Paris, le 13 janvier

Orange avec AFP-Services, publié le vendredi 18 janvier 2019 à 15h43

Invitée de CNews vendredi 18 janvier, la présidente du Rassemblement national (RN) s'est interrogée sur la concomitance entre l'interpellation d'Alexandre Benalla et son audition au Sénat, prévue lundi 21 janvier. Les sénateurs ne pourront plus interroger l'ex-collaborateur de l'Élysée sur ses passeports, une procédure judiciaire étant en cours, a souligné la députée du Pas-de-Calais.

Pour Marine Le Pen, la garde à vue d'Alexandre Benalla a été "précipitée". La chef de file du Rassemblement national s'est dite "un peu étonnée" de cette interpellation de l'ex-collaborateur de l'Élysée, à quelques jours de sa convocation devant la commission d'enquête du Sénat. 

"Je suis un peu étonnée de cette précipitation à le mettre en gare à vue : est-ce que c'est précisément pour l'empêcher de répondre au Sénat?", a interrogé l'élue sur le plateau de CNews. "À partir du moment où M. Benalla est pris dans une enquête judiciaire, alors le Sénat ne peut pas l'interroger sur les faits couverts par l'enquête judiciaire", a-t-elle poursuivi.

Placé en garde à vue jeudi 17 décembre, Alexandre Benalla devait être présenté vendredi à un juge d'instruction dans l'affaire concernant ses passeports diplomatiques, qu'il aurait utilisés après son départ de l'Élysée. Le parquet de Paris a ouvert une information judiciaire pour "abus de confiance", "usage public et sans droit d'un document justification d'une qualité professionnelle", "faux et usage de faux document administratif" et "obtention indue de document administratif".

"Qu'est-ce qui peut justifier autant de passe-droits ?"

"C'est à Emmanuel Macron de s'expliquer sur l'affaire Benalla, ce qu'il n'a jamais voulu faire", a dénoncé Marine Le Pen vendredi. Interrogée pour savoir si l'ancien collaborateur du président méritait la prison, elle a jugé que "le sujet n'(était) pas là". "Le sujet est : qu'est-ce qui peut justifier que ce jeune homme de 26 ans, garde du corps, ait pu bénéficier d'autant de passe-droits, d'autant d'attention, d'autant de protection ?", a-t-elle déclaré. "Pour l'instant nous n'avons pas de réponse."

L'Élysée accuse Benalla de falsification

Selon Mediapart, Alexandre Benalla aurait utilisé ses deux passeports diplomatiques après son licenciement, en juillet dernier. Il se serait notamment rendu au Tchad au mois de décembre, quelques semaines avant le chef de l'État. En tout, l'ex-proche d'Emmanuel Macron disposait de quatre passeports, deux diplomatiques et deux de service, dont un qu'il n'aurait pas rendu après son limogeage, affirmait Le Canard enchaîné mercredi 16 janvier.

Le même jour, le directeur de cabinet du président de la République, Patrick Strzoda, a affirmé devant la commission d'enquête du Sénat que le jeune homme de 27 ans avait falsifié un document pour se procurer l'un de ses passeports. 

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