Affaire Benalla : les confessions-chocs de Vincent Crase

Affaire Benalla : les confessions-chocs de Vincent Crase©Panoramic

, publié le mercredi 03 avril 2019 à 21h51

Vincent Crase était aux côtés d'Alexandre Benalla le 1er mai 2018, place de la Contrescarpe à Paris. L'ex-collaborateur de l'Élysée a décidé de donner sa version des faits dans un livre, "Présumé coupable", dont Le Parisien publie des extraits.

Il est l'un des protagonistes de l'affaire Benalla.

Vincent Crase, 45 ans, est suspecté, tout comme Alexandre Benalla, d'avoir molesté des manifestants le 1er mai 2018. Aujourd'hui mis en examen, l'ancien collaborateur de l'Élysée reconnaît avoir commis "une connerie". "Le 1er mai, si j'avais pu rester chez moi...", évoque-t-il dans un entretien exclusif au Parisien. Mais pas de quoi en faire une affaire d'État selon lui : "Ce n'est pas le Rainbow Warrior ! On est juste deux types qui, croyant bien faire, ont dérapé devant quelqu'un qui filmait".

"Sans lui, cette histoire ne me serait jamais arrivée"

Vincent Crase pointe par ailleurs la gestion par l'Élysée de l'affaire, dévoilée par Le Monde. Vincent Crase assure que le président de la République était au courant le soir même de l'incident place de la Contrescarpe. "J'ai l'impression que tous savaient et qu'ils se sont refilé la patate chaude. S'il y avait eu une sanction directe, ferme, définitive, il n'y aurait pas eu d'affaire Benalla. Ils ont pataugé dans la semoule", analyse-t-il dans Le Parisien.


Dans son livre, Vincent Crase décrit une relation plutôt ambiguë avec Alexandre Benalla, avec lequel il a aujourd'hui l'interdiction d'entrer en contact. "Il était mon ami. L'est-il encore ? Je l'espère. Sans lui, sans sa présence ce jour-là et son impulsion, cette histoire ne me serait jamais arrivée", assure celui qui qualifie "son ami" d'"impulsif". Vincent Crase va même plus loin et estime qu'Alexandre Benalla ferait "un excellent homme politique". "Il en a les qualités, comme les défauts".

Sur la relation entre Emmanuel Macron et Alexandre Benalla, l'ancien chef de la sécurité de LREM parle de "respect et d'admiration" mutuelle. "Il avait besoin de lui, aussi. Alexandre était capable d'organiser très vite un dîner au restaurant en absolue sécurité, sans les gyrophares, etc. Benalla, c'était une courroie de transmission très importante au Château. (...) Emmanuel Macron savait qu'il pouvait se reposer sur Alexandre", explique-t-il dans les colonnes du Parisien.

"Les enfants gâtés de LREM"

Embauché pour assurer la sécurité du parti présidentiel, Vincent Crase parle également dans son livre "des enfants gâtés de LREM qui pensent qu'on peut changer la vie avec un clavier". "La déconnexion de la présidence reflète la déconnexion du parti. Ces jeunes hors-sol n'ont aucun intérêt pour le terrain", tranche-t-il.

Interrogé par le Parisien sur l'image qu'il a d'Emmanuel Macron, Vincent Crase reste plus que jamais derrière lui. "Je le défendrai toujours. Il est hyper talentueux, en avance sur son temps, ou alors ce sont les Français qui sont en retard. La déconnexion vient de là". Avant toutefois de demander pardon au chef de l'Etat : "Je suis désolé de cette histoire complètement folle, qui lui a fait du tort."

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