Affaire Benalla : le directeur de la police nuance la gravité du préjudice

Affaire Benalla : le directeur de la police nuance la gravité du préjudice
Le directeur général de la police nationale, Éric Morvan, ce mercredi 25 juillet devant la commission d'enquête du Sénat sur l'affaire Benalla.

, publié le mercredi 25 juillet 2018 à 12h15

VIDÉOS. Le directeur de la police nationale, Éric Morvan, a été auditionné ce mercredi 25 juillet par la commission d'enquête parlementaire du Sénat sur l'affaire Benalla.

S'il a dénoncé des "faits inacceptables" commis par "un jeune homme qui a un peu la grosse tête", le directeur a également qualifié le "préjudice" engendré de "pas extrêmement grave" car les personnes "interpellées de manière absolument irrégulières ne sont pas blessées".

Les auditions sur l'affaire Benalla se poursuivent à l'Assemblée et au Sénat. Le directeur de la police nationale, Éric Morvan, a été entendu sous serment ce mercredi matin par les sénateurs. Il a qualifié les faits attribués à Alexandre Benalla d'"extrêmement graves, d'inacceptables". Selon lui, ils ont été commis par "un jeune qui a un peu perdu les pédales, qui a eu on va dire un peu la grosse tête et qui s'est senti pousser des ailes à raison de l'administration prestigieuse dans laquelle il se trouve".



Le haut-fonctionnaire a cependant tenu à nuancer la gravité du "préjudice" qui n'est, selon lui, "pas extrêmement grave". "Les personnes interpellées de manière absolument irrégulières ne sont pas blessées", a-t-il fait valoir, avant de préciser que la sanction infligée - une mise à pied de 15 jours - n'est pas "anodine" et "plus sévère qu'une sanction qui aurait pu être infligée à un fonctionnaire". "À la place de Patrick Strzoda (le directeur de cabinet d'Emmanuel Macron à l'Élysée, ndlr), j'aurais pris la même sanction", précise-t-il.




Pour justifier cette sévérité, Éric Morvan a insisté sur "un autre élément" de la sanction prise par l'Élysée, rappelant que le "périmètre fonctionnel" d'Alexandre Benalla a été modifié. "Dans la fonction publique, cela équivaudrait à lui confier d'autres missions, ce qui ne serait pas possible", explique-t-il. "On ne peut pas à la fois exclure temporairement de fonction et ajouter une deuxième sanction qui serait le déplacement d'office, ce serait illégal".

La présence d'observateurs "habituelle" sur ce type de manifestations

Le directeur général a par ailleurs expliqué avoir croisé Alexandre Benalla "une dizaine de fois" lors de déplacements du président de la République. Confirmant des "échanges de courtoisie", il assure n'avoir eu aucun autre contact avec l'ancien collaborateur d'Emmanuel Macron. "Je n'ai jamais remarqué de sa part une attitude déplacée ou intrusive", a-t-il également déclaré aux sénateurs. "Je n'ai pas participé à des réunions de travail en sa présence".



Le directeur de la police nationale a également indiqué que l'accueil d'observateurs est "habituel" sur des manifestations du type de celle du 1er mai sur la place Contrescarpe à Paris. Selon lui, pas moins de 3.500 demandes de journalistes ont été comptabilisées l'an dernier et toutes ne passent pas par ses services. Il juge donc la présence d'Alexandre Benalla "normale" et "ce n'est pas le seul membre de la chefferie de la présidence de la République à assister à ce type de réunion".

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