Adolescente morte dans le Val-d'Oise : "Je ne pouvais pas laisser passer ça", confie la mère du collégien en garde à vue

Adolescente morte dans le Val-d'Oise : "Je ne pouvais pas laisser passer ça", confie la mère du collégien en garde à vue
(Photo d'illustration)

publié le mercredi 10 mars 2021 à 09h23

Un couple d'adolescents de 15 ans étaient toujours placés en garde à vue mercredi 10 mars dans le cadre de l'enquête sur la mort d'une de leur camarade de classe, violemment battue puis jetée dans la Seine. C'est la mère du jeune homme qui a prévenu la police.

Il "restera toujours (son) fils", mais elle ne pouvait pas laisser passer ça.

Lundi 8 mars, Alisha, une adolescente de 14 ans, a été violemment battue puis jetée dans la Seine lors d'un différend avec deux camarades de sa classe d'Argenteuil (Val-d'Oise). Les deux mineurs, un adolescent et sa petite amie, tous deux âgés de 15 ans, ont été interpellés mardi vers 2h du matin au domicile d'un ami. Mercredi matin, ils étaient toujours en garde à vue dans les locaux de la police judiciaire de Cergy-Pontoise.



C'est la mère du jeune homme qui a prévenu la police. "Il est rentré vers 15h-15h30 avec son amie Juni (sa petite amie, ndlr) et est parti dans sa chambre pour se changer. Peut-être une heure après, vers 17h, il est venu me voir et m'a demandé si j'avais fait des bêtises quand j'étais jeune", explique-t-elle au micro de M6 mercredi 10 mars . "C'est là qu'il m'a dit 'j'ai tapé Alisha et je crois qu'elle est morte'", ajoute-t-elle.

Après cette déclaration, la mère de famille a voulu se rendre sur place. "Non non, de toute façon ça ne sert à rien, elle est morte", lui aurait répliqué la petite amie de son fils. "Tous les deux sont partis de leur côté et moi je suis partie du mien au quai de Seine. Et puis j'ai appelé la police", raconte-t-elle. 

"C'est mon fils, c'est vrai,  mais je ne peux pas laisser passer ça. C'est pas possible", se justifie-t-elle. "Il a 15 ans, il faut qu'il comprenne que ce qu'il a fait, ça ne se fait pas", insiste-t-elle, tout en assurant qu'il "restera toujours (son) fils".

"Depuis le mois de septembre, depuis qu'il a rencontré sa copine ce n'est plus le même", avait-elle expliqué la veille sur BFMTV. "On dit que l'amour rend aveugle mais là ça les rend cons". Elle assure que son fils "est un gros nounours, il est tout le temps sur son ordinateur". Néanmoins dernièrement ce n'était plus "le même". "Vous pouvez demander à n'importe qui, mon fils ce n'est pas mon fils en ce moment".

Vers 19h30 lundi soir, cette mère de famille s'est rendue au commissariat d'Argenteuil pour raconter ce qu'elle savait, a rapporté de son côté le parquet de Pontoise dans un communiqué. La mère de famille "s'est immédiatement rendue sur place et a retrouvé un gant avec une mèche de cheveux" sur le lieu de l'agression. A son retour à son domicile, elle a constaté que les deux adolescents étaient partis et elle a prévenu les forces de l'ordre. 

Ses indications ont permis de retrouver le corps de l'adolescente, récupéré par la police fluviale au niveau du quai Saint-Denis. Elle portait des "traces de coups à la tête et au visage", a précisé le parquet. Une autopsie doit être effectuée.

Un triangle amoureux ?

"Il s'agit manifestement d'un différend entre les deux filles autour du même jeune homme", a déclaré mardi  à l'AFP une source proche de l'enquête, déplorant une "sordide histoire entre collégiens".

Les trois protagonistes appartenaient à une section de Troisième préparant aux formations professionnelles du lycée professionnel Cognacq-Jay d'Argenteuil. Le conflit semble avoir commencé avant les dernières vacances scolaires, quand des photos de la victime "en sous-vêtements" ont circulé sur Snapchat, selon des témoignages d'élèves recueillis par l'AFP.

Une lycéenne de Terminale a raconté sous couvert de l'anonymat que la jeune fille interpellée "a tourné dans les réseaux sociaux que (la victime, NDLR) était une pute. Cela n'a pas plu à la victime et ça a dégénéré. C'est parti en bagarre". La victime "m'a parlé, elle m'a dit qu'elle se faisait harceler. Je l'ai vue se battre avec celle qui la harcelait devant les toilettes" la semaine dernière. "C'est choquant, elle avait toute sa vie devant elle", a poursuivi cette élève, en pleurs.

Selon une source proche du dossier, la mère de la victime a indiqué que sa fille faisait l'objet de harcèlement. "Elle m'a dit 'maman j'ai des gros problèmes, j'ai été menacée de mort par ce garçon et cette fille aussi', elle s'est bagarrée avec elle une semaine avant", a-t-elle témoigné sur BFMTV.

Sur cette même chaîne, la mère de l'adolescent en garde à vue a évoqué l'hypothèse d'un "petit triangle amoureux qui n'a pas dû pouvoir gérer la chose". "Apparemment, mon fils a eu une petite relation avec (la victime, NDLR) avant d'être avec la nouvelle", a-t-elle avancé.

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