Actions de militants vegan : les bouchers demandent aux autorités la fin de "l'impunité"

Actions de militants vegan : les bouchers demandent aux autorités la fin de "l'impunité"
Une boucherie à Hérouville, le 26 février 2013. (photo d'illustration)

Orange avec AFP, publié le mercredi 04 juillet 2018 à 12h41

Selon la profession, une cinquantaine d'attaques contre des commerces ont été recensées ces derniers mois.

Alors que les attaques de commerce attribuées à des militants vegan, les bouchers-charcutiers ont été reçus mardi 3 juillet au ministère de l'Intérieur pour faire entendre leurs craintes. Ils en sont sortis rassurés, mais ont réclamé la fin de "l'impunité".

" Ça s'est très bien passé, on a eu les conseillers gendarmerie et police auprès du ministre qui ont été vraiment à notre écoute", a déclaré lors d'un point presse improvisé place Beauvau le président de la Confédération française de la boucherie-charcuterie et traiteurs (CFBCT), Jean-François Guihard, également boucher dans le Morbihan. Les artisans, reçus pendant une bonne heure, ont réclamé "la vigilance, l'arrêt de l'impunité et faire en sorte que les artisans puissent faire leur métier".

Nouvelle attaque dans les Yvelines

Cette rencontre avec les représentants des commerces de viande fait suite à une énième attaque lundi dans les Yvelines : une boucherie de Jouy-en-Josas a été la cible d'un caillassage dans la nuit de dimanche à lundi et un tag antispéciste a été retrouvé sur place, a indiqué une source policière. La vitrine et la porte d'entrée du magasin ont été dégradées par plusieurs projectiles et une inscription "Stop spécisme" retrouvée tracée sur la vitrine, selon cette même source. Le boucher a porté plainte auprès du commissariat de Vélizy et l'enquête a été confiée à la sûreté urbaine de Versailles.

Les antispécistes (du latin "species", l'espèce) s'opposent à toute hiérarchie entre espèces, notamment entre l'être humain et les animaux. 

"On n'a jamais demandé de mettre un gendarme devant chaque magasin, mais les conseillers nous ont dit que les préfectures départementales allaient faire le nécessaire auprès des polices et gendarmeries locales", a ajouté M. Guihard. "Je pense que l'impunité va s'arrêter", a-t-il estimé, indiquant qu'il y avait "des procédures judiciaires et il y aurait aussi certainement une surveillance accrue de ces organisations". Il a toutefois appelé à ne pas faire d'amalgame: "Toutes les organisations ne sont pas violentes", a-t-il déclaré, évoquant "des groupuscules, dans des départements, dans des régions, qui sont violents".

Contactées par l'AFP, les associations antispécistes L214 et 269 Libération animale, dont plusieurs militants étaient jugés lundi à Versailles pour s'être introduits illégalement dans un abattoir, ont d'ailleurs indiqué ne pas être à l'origine de cette action à Jouy-en-Josas.

Le 22 juin, déjà, les bouchers avaient adressé une lettre à M. Collomb dans laquelle ils réclamaient la protection de la police, après une vague d'actions contre des boucheries.

Une cinquantaine d'attaques

Dans les Hauts-de-France, sept boucheries ont été aspergées de faux sang en avril, une boucherie et une poissonnerie ont été vandalisées, leurs vitrines brisées et les façades taguées de l'inscription "stop au spécisme". La maire de Lille Martine Aubry a indiqué que la mairie allait se constituer partie civile.

Selon la CFBCT, des précédents "ont été signalés en région Occitanie" et "deux attaques" ont eu lieu depuis la publication de la lettre. En tout, M. Guihard a chiffré à "au moins à une cinquantaine, soit par des tags soit par des bris de glace" le nombre d'actes ayant visé des boucheries sur l'ensemble du territoire.

"On veut faire notre travail en paix"

"On est passé d'une phase, à l'automne dernier, de tags ou de versement de faux sang, à aujourd'hui une phase de bris de vitres, de saccages de vitrine de magasin et ça c'est tout simplement inadmissible", a ajouté M. Guihard. "C'est pas un problème d'anti-viande ou de pro-viande, c'est un problème de liberté, on veut faire notre travail en paix", a-t-il conclu. 

Fin mars, une militante vegan de la cause animale qui avait publié un message injurieux vis-à-vis d' un boucher tué dans un supermarché à Trèbes (Aude) lors d'un attentat jihadiste, a été condamnée à sept mois de prison avec sursis pour "apologie du terrorisme".

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