Acte 44 des "gilets jaunes" : 1.800 manifestants à Nantes, 35 personnes interpellées

Acte 44 des "gilets jaunes" : 1.800 manifestants à Nantes, 35 personnes interpellées
Des "gilets jaunes" manifestent à Nantes le samedi 14 septembre.

Orange avec AFP-Services, publié le samedi 14 septembre 2019 à 20h15

Des heurts ont éclaté entre forces de l'ordre et manifestants dans le centre-ville de Nantes, faisant plusieurs blessés. D'autres rassemblements se sont tenus un peu partout en France.

Selon la police, quelque 1.800 personnes ont manifesté ce samedi 14 septembre à Nantes pour l'acte 44 du mouvement des "gilets jaunes", sur fond d'affaire Steve Maia Canico. 

Dans le cortège, les manifestants, dont très peu portaient un gilet jaune, ont scandé "Tout le monde déteste la police", "La police mutile, la police assassine" ou "Police nationale, police du capital".

En tête de cortège, une banderole affichait leur solidarité avec le mouvement pro-démocratique de Hong Kong. "Justice pour Steve, ni oubli ni pardon", pouvait-on également lire sur les pancartes brandies par les manifestants.

Le cortège, qui est parti de la place Delorme, dans l'ouest cossu de la ville, vers 14h, s'est ensuite dirigé vers le centre-ville où la situation a rapidement dégénéré, donnant lieu à des tirs de projectiles, auxquels la police a répondu par des jets de grenades lacrymogènes. =1emDe nombreux commerces et abribus ont été dégradés, des poubelles et un transformateur incendiés. Au moins deux manifestants ont été blessés.




35 personnes interpellées
À 20h, 35 personnes avaient été interpellées, selon la Direction départementale de la sécurité publique (DDSP), dont 18 lors de contrôles préventifs. La DDSP a fait état de cinq blessés chez les forces de l'ordre.
"Face au risque important d'actions violentes dans le centre-ville de Nantes cet après-midi, 18 interpellations ont été effectuées par nos services lors de contrôles préventifs", a indiqué la police de Loire-Atlantique sur Twitter. Vingt-deux cocktails molotov et dix mortiers ont également été découverts à proximité du point de rassemblement tandis qu'une centaine de parapluies et un extincteur ont été saisis, selon la police.


Rassemblement national à Nantes sur fond d'affaire Steve Maia Caniço et de Rugy

Différents groupes de "gilets jaunes" avaient appelé à un rassemblement national à Nantes, chef lieu du département 44, la Loire-Atlantique pour relancer le mouvement près d'un an après ses débuts, dans une ville marquée par la mort de Steve Maia Caniço, cet animateur de 24 ans qui a disparu le soir de la Fête de la musique après une intervention policière controversée et dont le corps a été retrouvé cinq semaines plus tard dans la Loire.

La ville a également été marquée par "l'affaire de Rugy", député de Loire-Atlantique et ex-ministre de la Transition écologique poussé à la démission mi-juillet après une série de révélations de Mediapart, portant notamment sur l'organisation de dîners fastueux. 

Des rassemblements un peu partout en France

Des appels à manifester ont été lancés dans plusieurs villes de France, notamment Toulouse, Nancy, Lyon ou Lens. À Lyon, quelque 400 manifestants, dont beaucoup ne portaient pas de gilets jaunes, se sont rassemblés à la mi-journée place Bellecour, bravant l'interdiction de la préfecture. En début d'après-midi, les forces de l'ordre avaient procédé à "9 interpellations pour attroupements illégaux en vue de commettre une infraction et port d'armes illégal", selon la préfecture. 

À Toulouse, plusieurs centaines de personnes ont manifesté, arpentant les grands boulevards et les rues commerçantes du centre, au cri de "Toulouse, Toulouse, soulève-toi". "Tout le monde misait sur notre essoufflement, mais vous voyez, on est de retour, toujours plus nombreux et on ne lâchera rien", a lancé Véronique, une retraitée de 74 ans, qui a dit avoir trouvé dans le mouvement une "raison de vivre". Environ 700 personnes, selon la police, ont manifesté à Nancy, point de rassemblement des "gilets jaunes" du Grand Est.
À Marseille, 200 personnes ont défilé derrière une banderole appelant à la "suppression de l'IGPN, au service du blanchiment des polices". Le mouvement a également rassemblé quelque 200 personnes à Montpellier et 150 à Bordeaux. Dans les Pyrénées-Atlantiques, une douzaine de gilets jaunes ont accueilli le ministre des Finances Bruno Le Maire, venu inaugurer la 71e foire de Pau, en entonnant : "On est là, on est là, on est toujours là", mais leur chant a été couvert par la musique d'une fanfare.

À Paris, environ 500 personnes, encadrées de près par des forces de l'ordre, ont défilé dans le calme entre la porte de Choisy et le boulevard de Grenelle, près de la Tour Eiffel, où ils se sont dispersés dans l'après-midi. À l'aéroport d'Orly (Val-de-Marne), une centaine de "gilets jaunes" ont manifesté en début d'après-midi contre la privatisation d'Aéroports de Paris (ADP), qui gère les aéroports d'Orly et Roissy. Dans une ambiance bon enfant, ils ont distribué des tracts aux passagers dans le terminal 1, en les invitant à signer la pétition en ligne pour un référendum contre la privatisation d'ADP.

Une rentrée en demi-teinte

Samedi 7 septembre pour leur rentrée, quelques milliers de personnes s'étaient rassemblées à travers la France. À Montpellier, des heurts ont éclaté et une voiture de police a été incendiée. 

Vos réactions doivent respecter nos CGU.