Accusé de viols, l'ex-secrétaire d'Etat Georges Tron se redit "totalement innocent"

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Eva Loubrieu, l'un des deux plaignantes arrive à la cour d'assises de Bobigny le 23 octobre 2018
Eva Loubrieu, l'un des deux plaignantes arrive à la cour d'assises de Bobigny le 23 octobre 2018
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© AFP, Thomas SAMSON

AFP, publié le mardi 23 octobre 2018 à 16h01

L'ex-secrétaire d'État Georges Tron, accusé de viols par deux anciennes employées de sa mairie de Draveil (Essonne) s'est une nouvelle fois dit "totalement innocent" mardi au premier jour de son procès devant les assises de Seine-Saint-Denis.

Il comparaît au côté de son ex-adjointe à la Culture, Brigitte Gruel, âgée de 61 ans comme lui. Jugés pour agressions sexuelles et viols en réunion, ils risquent jusqu'à 20 ans de réclusion criminelle.

Virginie Ettel et Eva Loubrieu, âgées aujourd'hui de 41 et 44 ans, affirment que la passion assumée de l'élu pour la réflexologie plantaire était le point de départ d'attouchements et de pénétrations digitales, avec ou sans Brigitte Gruel.

"J'ai toujours dit que j'étais totalement innocent, je n'ai jamais été violent envers qui que ce soit", a déclaré Georges Tron, qui s'est dit "profondément touché, blessé".

L'audience a été suspendue dans la foulée et reprendra mercredi.

"C'est un enfer depuis sept ans", avait dit un peu plus tôt son ancienne adjointe. 

"J'ai été la proie de vengeances professionnelles, personnelles, de jalousie. (...) Tout ça a été orchestré par les deux plaignantes (...) et des ennemis politiques", a ajouté Brigitte Gruel, citant le "Front national".

L'atmosphère était sensiblement moins électrique qu'en décembre 2017, quand l'ouverture du procès avait donné lieu aux premières passes d'armes.

L'affaire devait alors être jugée pendant neuf jours mais avait été renvoyée au soir du quatrième. D'incident en incident, les débats avaient pris du retard et le président de la cour avait fini par reporter le procès.

Il avait été mis en difficulté par le conseil de l'accusé, Éric Dupond-Moretti, qui avait révélé en pleine audience que le magistrat avait confié à des avocats qu'il aurait préféré "que ce soit une femme qui préside". 

Le contexte avait accentué la fébrilité des échanges, quelques semaines après le début de l'onde de choc mondiale née des accusations contre Harvey Weinstein, suivie d'une vague de libération de la parole des femmes. 

Mardi, Éric Dupond-Moretti a estimé devant la presse que le procès se déroulerait dans le "calme", la "sérénité", et permettrait de révéler les "mensonges" et les "contradictions" des plaignantes.

Le palais de justice n'est "pas l'endroit où l'on exerce des luttes militantes", a-t-il également déclaré.

- Procès délocalisé -

Le procès s'est ouvert une dizaine d'années après les faits dénoncés par les plaignantes. Et plus de sept ans après le scandale qui a coûté à Georges Tron son poste de secrétaire d'État à la Fonction publique en mai 2011, dans le sillage de l'arrestation à New York de l'ex-patron du FMI Dominique Strauss-Kahn, accusé de viol par une femme de chambre.

L'audience repart de zéro, avec une durée sensiblement allongée pour entendre une cinquantaine de témoins.

À l'exception d'un nouveau président, Philippe Coirre, et d'un changement d'avocat sur le banc des parties civiles - Loïc Guérin étant le nouvel avocat d'Eva Loubrieu, les protagonistes sont les mêmes.

Y compris l'avocat général Frédéric Bernardo qui avait "surpris" la défense du maire de Draveil en assumant un œil neuf sur le dossier, alors que le ministère public s'est toujours opposé au renvoi devant les assises de l'élu et de son ex-adjointe.

La tenue d'un procès avait finalement été décidée en 2014 par la cour d'appel de Paris, à contre-courant du non-lieu prononcé un an plus tôt par des juges d'instruction.

La cour d'appel avait souligné que cinq autres femmes avaient décrit dans les mêmes termes que les plaignantes les pratiques sexuelles de l'édile, seul ou avec son adjointe. 

Elle avait également considéré que les "dénégations absolues" des deux élus "suggèrent une volonté de dissimulation de leurs mœurs qui n'est pas en faveur de leur sincérité".

Le procès avait été dépaysé hors de l'Essonne, où Georges Tron est solidement implanté : maire de Draveil (30.000 habitants) depuis 1995, conseiller départemental LR et ancien député (1993-2010, 2011-2012).

Le procès doit durer jusqu'à la mi-novembre.

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