Accusations de viol : Gérald Darmanin confronté à la plaignante à Paris

Accusations de viol : Gérald Darmanin confronté à la plaignante à Paris ©Ludovic MARIN / AFP

, publié le vendredi 12 mars 2021 à 15h20

La justice a ordonné la reprise des investigations, en organisant ce vendredi une confrontation entre le ministre de l'Intérieur et la femme qui l'accuse d'avoir monnayé, en 2009, un service auprès du ministère de la Justice contre des faveurs sexuelles. 

Le ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin est arrivé au tribunal judiciaire de Paris, vendredi 12 mars en début d'après-midi, pour être confronté devant la juge d'instruction à Sophie Patterson-Spatz, la femme qui l'accuse de viol, ont constaté des journalistes de l'AFP




C'est la première fois que Gérald Darmanin et son accusatrice sont confrontés dans cette affaire, qui a commencé avec une première plainte en 2017. Le ministre est arrivé en voiture avec ses avocats, Me Pierre-Olivier Sur et Me Mathias Chichportich, peu avant 14 heures.

La plaignante était arrivée à pied un peu plus tôt, accompagnée de ses conseils, Mes Elodie Tuaillon-Hibon et Marjolaine Vignola. 

Viol, harcèlement sexuel et abus de confiance

Le ministre a été placé le 14 décembre sous le statut de témoin assisté dans ce dossier. Sophie Patterson-Spatz l'accuse viol, harcèlement sexuel et abus de confiance. L'enquête sur ces faits qui dateraient de 2009 est entre les mains d'une juge d'instruction, à la suite d'une longue bataille procédurale. Le statut de témoin assisté peut évoluer au cours de la procédure vers une mise en examen, si la magistrate réunit des "indices graves ou concordants". 

En mars 2009, la plaignante s'était adressée à l'élu, alors chargé de mission au service des affaires juridiques de l'UMP (ex-LR), pour tenter de faire réviser une condamnation de 2004 pour chantage et appels malveillants à l'égard d'un ancien compagnon. Selon elle, Gérald Darmanin lui aurait fait miroiter son appui auprès de la Chancellerie via une lettre, en échange de faveurs sexuelles qu'elle aurait acceptées, se sentant contrainte de "passer à la casserole", selon son expression devant les enquêteurs.

"Il n'y a eu aucune contrepartie"

Devant les policiers, en février 2018, Gérald Darmanin a confirmé avoir eu une relation sexuelle avec Sophie Patterson-Spatz, mais, selon lui, librement consentie et à l'initiative de la plaignante : "Il n'y a eu aucune contrepartie".

"Il faut quand même mesurer ce que c'est que d'être accusé à tort, de devoir expliquer à ses parents ce qu'il s'est passé parce que, c'est vrai, j'ai eu une vie de jeune homme", avait-il expliqué en juillet à La Voix du Nord. Gérald Darmanin, dont la nomination comme ministre de l'Intérieur avait été critiquée par des féministes à cause de cette affaire, a porté plainte pour dénonciation calomnieuse. 

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